La relocalisation des Coyotes, un vaudeville de mauvais goût aux allures d’opéra wagnérien! samedi, Mar 30 2013 

Une joyeuse Pâques à tous les amateurs de sport du Québec. La Belle Province peut se targuer cette année de voir ses Canadien de Montréal flirter avec le premier rang de sa conférence, ce qui n’est pas arrivé souvent au cours des dernières années. Est-ce une surprise inhérente à cette courte saison où tout semble possible? Où l’effet d’une nouvelle direction peut propulser un club vers le sommet justement car le momentum peut influencer encore plus le classement quand de bonnes séquences sur 48 matchs sont plus influentes sur le classement que lors d’une « vraie » saison de 82 matchs? On verra. Le CH sera des séries. Mais, nous sommes de ceux qui pensent que le Canadien souffrira encore cette saison du vaudeville de l’arbitrage à deux vitesses alors que les séries apportent un deuxième livre des règlements, plus permissif, qui sied bien aux dirigeants de clubs de la LNH qui bâtissent leurs en fonction de cet élément (les Bruins, les Flyers, les Ducks, etc)

Le retour des Nordiques… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… (Alouette! Aaaaaaalouette…)

Parlant de vaudeville, celui des Coyotes de Phoenix est tout simplement clownesque. Pire, on se croirait en plein opéra surréaliste de Wagner (en contenu et en durée…). Faut le faire quand l’imbroglio tient à un vote au conseil de ville de Sacramento pour la construction d’un nouveau stade visant à conserver une équipe de la NBA car ce vote est suivi par des types de Seattle (qui n’ont AB-SO-LU-MENT aucun intérêt pour le hockey) qui cherchent à y rapatrier les Sonics et cette décision pourrait vouloir dire l’éventuelle construction d’un stade qui pourrait peut-être accueillir une équipe de hockey là-bas… Vous suivez?

Autrement dit, Bettman cherche par tous les moyens à ne PAS relocaliser les Coyotes à Québec, quitte à lancer la LNH dans une autre aventure pas d’allure. Il existe un marché présentement qui permettrait à la LNH de soutirer le 400M de frais d’acquisition d’une franchise de la ligue via l’expansion et c’est Québec; pas Saskatoon, pas Toronto-métro ou Markham (ce marché spécifique demanderait à la LNH de négocier des ententes territoriales puisque qu’il empiète sur celui des Leafs et des Sabres), pas Hamilton.

Bettman a sorti un autre acheteur potentiel pour les Coyotes, George Gosbee, président d’AltaCorp, une banque d’investissement. Cependant, et Philippe Cantin de LaPresse l’explique bien ce matin, cet acheteur potentiel aurait lui aussi besoin des deniers publics de Glendale à raison d’une lucrative entente d’exploitation du Joboom Arena, ce que le nouveau maire refuse net et contre quoi il se bat férocement.

L’excellent journaliste du Sports Illustrated Micheal Farber a bien expliqué à la radio AM de TSN cette semaine que si le dossier des Coyotes refait surface maintenant (c’est-à-dire quelques jours après la dernière encontre des Gouverneurs de la LNH), c’est que la pression est forte au sein du groupe des propriétaires afin que Bettman trouve une solution à ce problème, préférablement AVANT la prochaine saison afin que le réalignement des conférences de la LNH soit fixé et que l’on ne soit pas sous le coup d’une autre modification dans un ou deux ans.

Voilà donc ce qui se joue présentement dans les bureaux de la LNH : on est conscient que la relocalisation pourrait devenir LA seule option viable, mais on veut éviter que ce soit Québec ou une ville de l’est du continent. Aussi, le refonte des conférences crée un vide de deux clubs (pour en arriver à une ligue de 32 clubs- 2 conférences de 16 clubs) et c’est en maximisant sur les frais d’expansion que l’on veut combler le trou de deux clubs. Déménager un club à Québec serait se couper de la plus lucrative possibilité de ce côté.

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Perspective très sombres à Phoenix… vendredi, Juil 6 2012 

 

Il s’est écrit beaucoup de choses au cours des derniers jours concernant les Coyotes de Phoenix. Alors que le site de la LNH NHL.com procédait à sa mise à jour habituelle des « rosters » de chaque équipe de la ligue suite aux nombreux changements qui surviennent après le 1er juillet, quelques internautes ont remarqué que la fiche des Coyotes avait disparu pendant quelques minutes. N’en fallait pas plus pour que des rumeurs sur Twitter annoncent la mort des Coyotes… Pourtant, la fiche du Wild de Minnesota a dû prendre plus de temps à mettre à jour!

Une chose est certaine cependant, Gary Bettman et son état major ont lancé la serviette dans le cas de Jamison autour du 3 juillet. Toujours sur Twitter, la journaliste du Arizona Republic Lisa Halverstadt (@LisaHalverstadt) a annoncé à cette date qu’un juge de la cour de Glendale avait accepté d’entendre la cause de payeurs de taxes de cette ville concernant les modalités de différentes initiatives visant à recueillir un nombre requis de signtures afin de forcer la ville à tenir deux référendums distincts qui auront une incidence directe sur la suite des choses pour les Coyotes.

Les deux référendums s’attaquent l’un à l’entente qui force la ville à verser des frais de gestion à Greg Jamison et l’autre au bail qui lie la ville aux Coyotes comme tel. Ce n’est pas la première fois que des citoyens tentent de déposer une pétition pour attaquer le lien entre Glendale et le hockey professionnel. Comme le souligne le journaliste David Shoalts du Globe and Mail ici http://www.theglobeandmail.com/sports/hockey/globe-on-hockey/glendale-petitions-threaten-to-torpedo-coyotes-sale/article4393492/, dans le passé, le conseil de ville n’a pas accepté de telles pétitions quand le nombre requis de signatures n’était pas atteint; d’où la présence de Ken Jones, un des citoyens qui mène la bataille pour tenir ces référendums, devant le juge.

Ce matin, Lisa Halverstadt confirme toujours sur Twitter, que le nombre total de signtures a déjà été atteint et que Joe Cobb et Ken Jones seront en mesure de déposer leur dossier devant le conseil de ville le 16 juillet prochain. Ces consultations populaires annoncées sont un cauchemar pour la LNH car elles se tiendront dans un contexte très particulier. Nos voisins du sud se préparent à des élections fédérales et municipales. 5 des 7 conseillers qui siègent présentement au conseil de ville ainsi que la mairesse Scruggs ne se représentent pas. En plus de devoir affronter l’opinion populaire, la LNH perd TOUT ses appuis actuels au Conseil alors que les votes fatidiques se tiendront en novembre. Des sondages régionaux montrent clairement que les citoyens de Glendale n’entendent pas donner le feu vert au prochain conseil d’engager les quelques 394 millions sur 20 ans que coûterait l’entente actuelle entre la LNH, Glendale et Jamison.

Trop tard pour Québec?

Pour les amateurs des Nordiques de Québec, ces récents développement arrivent cependant quelques mois trop tard si l’on en croit de nombreux observateurs de la LNH. Bettman aurait déjà fait son choix quant à la suite des choses en cas d’échec de ses tentatives de sauver les Coyotes. Shoalts le mentionne aussi dans son article, la LNH pourrait bien choisir de dissoudre les Coyotes, disperser ses 23 joueurs sous contrat dans les 29 autres équipes de la LNH et procéder ensuite à une expension en bonne et dûe forme.

Pourquoi ?

Il est déjà acquis que les Coyotes débuteront la saison à Phoenix, si début de saison il y a. La LNH est donc déjà engagée à défrayer les co¸uts de la prochaine saison, que Glendale casque le cash ou pas. Comme les risques sont grands que Glendale annule l’entente qui la lie à la LNH, il y aura un manque à gagner encore plus grand pour les autres proprios de la LNH (les prévisions diffèrent entre 25 millions et plus de 90 millions). Afin de pouvoir récupérer le plus d’argent possible, Bettman peut tout simplement dissoudre l’équipe et récupérer tout l’argent investi par la LNH par l’entremise des frais d’expension pour la prochaine concession à être attribuée. Il y aura enchères entre Québec et d’autres marchés (Seattle, Markham, Saskatoon, Kansas City ?) et parions que Bettman saura soutirer le plus possible de la candidature de Québec. Shoalts parle d’au moins 140 millions de frais d’expension.

Si Bettman a fait une croix sur la ville de Glendale et ce marché du sud des États-Unis, il est clair maintenant qu’il tient à tout prix à ne pas perdre la face devant les gens de Québec.

 

Le pari risqué de Gary Bettman – le rêve des Nordiques qui s’étiole… lundi, Mai 14 2012 

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Le commissaire de la LNH Gary Bettman vit présentement l’âge d’or de sa carrière en tant que grand manitou du hockey professionnel nord-américain. Tête de turc de l’association des joueurs pendant longtemps – Chris Chelios notamment, très impliqué dans l’association le détestait souverainement – Call me Gary serait-il en train de gagner son pari en imposant sa vision du développement du sport?

Croissance des revenus

Le rôle du commissaire est de s’assurer que le sport se porte bien financièrement et que les revenus croissent pour les investisseurs que sont les propriétaires de clubs de la LNH. Quand on analyse la provenance des revenus (télévision, assistance, marketing, investissement corporatif, publicité et retombées économiques corolaires), il est assez évident que le marché canadien est saturé. Le hockey y jouit d’une popularité inégalée, les amphithéâtres sont pleins, il y a couverture médiatique mur à mur dans une multiplicité de plate-forme. Le potentiel de croissance de revenus existe, mais il est limité. Chaque nouveau marché potentiel pour établir une franchise de la LNH (ou y en déménager une) est déjà couvert par l’intérêt du circuit. Si on déménageait une nouvelle équipe à Toronto, à Québec, ce ne sont pas des milliers de nouveaux fans que l’on convertirait à la LNH, le hockey y est déjà bien présent.

Le véritable potentiel de croissance de la LNH, et ça même les propriétaires des équipes canadiennes le savent, on le trouve dans la pénétration des marchés existants qui ne sont pas pleinement exploités. En ça, le pari risqué de Gary Bettman en encourageant et en maintenant en vie à perte certains marchés non-traditionnels semble fonctionner. La série qui opposait les Predateurs de Nashville et les Coyotes de Phoenix était la consécration de la stratégie d’implantation de franchises dans ces marchés à développer. L’intérêt suscité par la série a dépassé toute la couverture de la LNH dans ces deux villes depuis leur arrivée dans le sud des États-Unis; Steve Lepore de Puck the Media faisait remarquer la semaine dernière que les matchs de cette série on défoncer le million de téléspectateur au réseau américain NBCSN.

Implications pour Québec?

La façon dont les choses se sont déroulées en séries cette saison représente un difficile constat pour les gens de Québec, notamment ceux qui travaillent dans l’ombre pour s’assurer que le dossier de relocalisation demeure actuel et que la candidature de Québec soit toujours sur le dessus de la pile.

Imaginez un instant l’élimination rapide des Preds et des Coyotes, pas de Buzz, pas de WhiteOut en Arizona… La dynamique serait bien différente en Arizona. Mardi dernier quand le conseil de ville de Glendale se réunissait, les Coyotes de Phoenix mettait en vente les billets pour la 3e ronde des séries et les journaux de la ville et les nouvelles sportives locales à la télévision étaient tapissé de la couverture des Yotes… Bettman pouvait bien pavoiser…

Dans ce contexte, les dossiers de relocalisation sont donc repoussés derrière d’autres dossiers plus importants : la négociation de la nouvelle convention collective et la consolidation de transfert de propriété de certaines franchises plus fragiles. Le dossier des Blues de St-Louis vient d’être réglé et maintenant Bettman se tourne vers les Islanders de New-York pour tenter d’aider Charles Wong à obtenir soit une façon de construire un nouvel amphithéâtre à Long Island, soit à un transfert verts Brooklyn. Chose certaine, la LNH quitte cette dynamique de gestion à la semaine des risques de déménagement d’une de ses franchises américaines au profit d’un marché canadien déjà conquis.

Une finale de rêve?

On fait beaucoup de cas de la finale de rêve possible dans la LNH entre Los Angeles et les Rangers… Certes, cela ferait bien plaisir, notamment, aux télédiffuseurs américains. Mais n’allez pas croire un instant que Bettman ne serait pas aussi entiché de voir les Coyotes en finale. Dans le conflit qui l’oppose à l’institut Goldwater, les revenus générés par quatre rondes des séries par les Coyotes seraient un argument canon pour battre en brêche l’austérité prônée par la très conservatrice organisation de défense des consommateurs et payeurs de taxes.

On peut lire le Globe and Mail sur la question : http://www.theglobeandmail.com/sports/is-bettman-peaking-at-the-right-time/article2431366/

Quelle crédibilité accorder à la dernière annonce de la vente des Coyotes de Phoenix? mardi, Mai 1 2012 

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Les partisans des Nordiques et les optimistes du retour de la LNH à Québec liront avec un certain découragement les plus récents développements concernant la vente des Coyotes de Phoenix ce matin. Il faut faire bien attention, l’optimisme et la raison même pour laquelle le nom de Québec continuait à circuler dans les cercles de la LNH c’est précisément et UNIQUEMENT en fonction d’un scénario catastrophe qui aurait vu la LNH être FORCÉE de relocaliser la franchise des Coyotes, sous tutelle de la LNH.

Depuis des semaines, Bettman et Daly jouent leurs cartes de manière à éviter tout scénario catastrophe de la sorte: élimination des délais prescrits, assoucplissement des conditions de la vente de l’équipe, opération charme auprès du conseil de ville de Glendale, tout a été mis en oeuvre afin que la date fatidique d’une relocalisation obligée n’arrive jamais.

Des écueils subsistent

Tout n’est pas encore joué pour Bill Daly et Gary Bettman cependant et ce même si une annonce est faite dans les prochains jours concernant la vente des Coyotes à Greg Jamison et son groupe.

D’abord, on sait encore très peu de choses de la nature des investisseurs qui appuient Jamison dans sa quête de financement pour acheter le club. La LNH et Gary Bettman se doivent de respecter la valeur intrinsèque des autres franchises de la ligue et ne peuvent en aucun cas « liquider » les Coyotes à un prix dérisoire car cela aurait un effet déflationniste sur la valeur de toutes les autres équipes de la ligue.

Mais le plus gros problème demeure le financement public qui est essentiel à toute vente qui pourrait connaître l’assentiment final de la ligue. En 2009, Jerry Moyes, l’ancien propriétaire des Coyotes avait dû recourir à la faillite devant le refus du conseil de ville de Glendale de commanditer le club à la hauteur de 12,5 millions par année pour couvrir les pertes abyssales découlant de l’opération d’un club de la LNH dans ce marché sans clientèle récurrente et sans l’appui de la communauté des affaires et des réseaux de télévision.

Il y a en ce moment un appui « théorique » du conseil de ville de commanditer le groupe de Jamison à raison de 20 millions par année jusqu’en 2017, montant qui déclinerait à 15 millions et qui continuerait de baisser jusqu’à la fin de l’entente quelque 20 ans plus tard. Le montant total de l’aide de la ville s’établit à 180 millions pour l’ensemble de la période couverte.

Le hic c’est que la mairesse de Glendale, Elaine Scruggs conteste la nature même de l’entente qui n’a l’appui, en ce moment que de 4 conseillers sur 7, une très faible marge, un échaffaudage fragile.

Pour la ville de Glendale, l’enjeu demeure les revenus générés en taxes et en impôts par l’occupation du Joboom Arena. Sans les Coyotes, le taux d’occupation de l’aréna chute drastiquement et la ville perd des revenus tout en ayant la charge de la gestion de l’édifice. Une étude du groupe TL Hocking & Associates sur laquelle le conseil compte beaucoup pour justifier le subside accordé aux Coyotes établit que les revenus potentiels de l’aréna sans les Coyotes sont de 6,5 millions par année sans la LNH et de 15,7 millions avec l’équipe, dans l’état moribond dans lequel elle se trouve.

Tout est là. Avec un nouveau proprio et un enracinnement de l’équipe dans la communauté, l’investissement de la ville peut devenir justifié. Mais est-ce que cet enracinement est possible? La LNH bien entendu met tout son poids pour s’assurer que le conseil penche pour le « OUI ».

Le Phoenix Sports business journal de ce matin : http://www.azcentral.com/arizonarepublic/sports/articles/2012/04/27/20120427glendale-phoenix-coyotes-deal-nears.html