Un lock-out est-il inévitable cet été dans la LNH ? mardi, Mai 22 2012 

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Comme dans tout enégociation d’ententes de travail ou de contrats qui lient différents partis, il y a des dates à respecter qui sont très significatives. La semaine dernière, la LNH et le bureau des Gouverneurs (le conseil des trente propriétaires d’équipe et le commissaire Bettman) ont respecté la date limite de 120 jours de délais de carence afin de signifier OFFICIELLEMENT à l’association des joueurs que l’entente contractuelle de travail qui a cours présentement ne serait PAS reconduite automatiquement pour une année, ce qui aurait été le cas si le délais avait passé.

C’est très significatif car dans les faits, c’est le premier pas afin que le conseil des Gouverneurs et la LNH puisse mettre les joueurs en lock-out le 15 septembre prochain.

Cela ne veut pas dire que la LNH décrètera un lock-out à la première occasion, une chose est certaine cependant, l’entente de travail qui existe en ce moment et jusqu’au 15 septembre est, elle, condamnée à être renégociée.

Des pertes assurées pour les joueurs

Stu Hackel et Jeff Klein dans un article du Montreal Gazette paru hier font remarquer avec justesse que les joueurs de la LNH auront beaucoup de difficulté à parapher une entente aussi généreuse pour eux que ne l’est l’entente actuelle. Concrètement, l’entente actuelle signée en 2004 laissait aux joueurs de la LNH 57% des revenus ce qui, à l’époque où elle avait été signée, représentait l’équivalent des revenus que la NBA (57,6%) et la NFL (59,6%) veraient à leur association de joueurs.

Les négociations dans ces deux circuits ont été difficiles pour les joueurs qui ont dû accepter de larges diminutions de leurs parts en pourcentage des revenus générés par leurs circuit respectif :

NBA 57,6 % →→→→→→ 50 % en 2011

NFL 59,6 % →→→→→→ 49 % en 2011

On peut déjà anticiper une rude bataille entre les joueurs et les propriétaires compte tenu que du côté des joueurs, la ligne directrice semble être que les concessions faites de 24% des salaires et de l’instauration d’un plafond salarial faites en 2004 sont déjà au delà de ce que tout autre circuit professionnel majeur a réussi à obtenir de ses joueurs. D’ailleurs, Steve Fehr (le frère du directeur général de l’association des joueurs Donald Fehr) qui agit à titre de conseiller spécial aux joueurs a admis au journal Sports Business daly la semaine dernière que les joueurs n’étaient pas enclin à concéder davantage.

Entre 2004 et 2012, les revenus générés par la LNH sont passés de 2.1 à 3.2 milliards et chaque point de pourcentage que les joueurs consentiront à verser aux propriétaires vaut entre 30 et 40 millions de dollars! C’est une question de gros, gros sous. Pour illustrer plus concrètement cet enjeu, admettons qu’on coupe la poire en deux et que les joueurs accepteraient de diminuer leur part de revenu à 53,5 %. En fonction des revenus actuels, cela voudrait dire que la LNH récupérerait dès la première année d’une nouvelle entente l’ensemble de toutes les dépenses encourues par la tutelle des Coyotes de Phoenix depuis 2009! Pour les autrs proprios, cela équivaudrait à se voir remettre l’ensemble de la péréquation qu,ils ont versé à la LNH pour garder le marché de Phoenix en vie.

Mais avant de parler de lock-out, on doit espérer que la voie de la raison sera celle qui prévalera lors de ces négociations. Les gains que la LNH a fait dans certains marchés non-traditionnels de hockey sont très fragiles. Au cours des séries actuelles, la LNH a élargi son Fanbase à Phoenix et à Nashville notamment par des cotes d’écoute locales très encourageantes. Assurément, l’absence de hockey ne serait-ce que pour une courte période de temps et le retour à une couverture de presse négative axée sur la division entre les proprios et les joueurs suffiraient à anéantir de longues années de travail afin de fidéliser cette clientèle fragile et inestimable au plan Bettman du hockey dans le sud des États-Unis.

Pour les joueurs également, la présence des ces équipes au sein de villes dynamiques du sud du continent représentent des avenues intéressantes. N’allez pas croire un instant que l’on rechigne à aller installer sa famille à Tampa Bay, à Phoenix ou à Nashville plutôt qu’à Winnipeg, à Québec ou à Seattle…

Un lock-out est-il inévitable? Nous croyons que non, à condition que la négociation ne dégénère pas, comme en 2004, en un combat de coq entre quelques joueurs dont l’inimnitié envers Gary Bettman est notoire et une ligue qui se rebiffe à défendre son commissaire…

L’article du Montreal Gazette ici : http://www.montrealgazette.com/business/lockout+looms+after+final/6655409/story.html

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Le pari risqué de Gary Bettman – le rêve des Nordiques qui s’étiole… lundi, Mai 14 2012 

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Le commissaire de la LNH Gary Bettman vit présentement l’âge d’or de sa carrière en tant que grand manitou du hockey professionnel nord-américain. Tête de turc de l’association des joueurs pendant longtemps – Chris Chelios notamment, très impliqué dans l’association le détestait souverainement – Call me Gary serait-il en train de gagner son pari en imposant sa vision du développement du sport?

Croissance des revenus

Le rôle du commissaire est de s’assurer que le sport se porte bien financièrement et que les revenus croissent pour les investisseurs que sont les propriétaires de clubs de la LNH. Quand on analyse la provenance des revenus (télévision, assistance, marketing, investissement corporatif, publicité et retombées économiques corolaires), il est assez évident que le marché canadien est saturé. Le hockey y jouit d’une popularité inégalée, les amphithéâtres sont pleins, il y a couverture médiatique mur à mur dans une multiplicité de plate-forme. Le potentiel de croissance de revenus existe, mais il est limité. Chaque nouveau marché potentiel pour établir une franchise de la LNH (ou y en déménager une) est déjà couvert par l’intérêt du circuit. Si on déménageait une nouvelle équipe à Toronto, à Québec, ce ne sont pas des milliers de nouveaux fans que l’on convertirait à la LNH, le hockey y est déjà bien présent.

Le véritable potentiel de croissance de la LNH, et ça même les propriétaires des équipes canadiennes le savent, on le trouve dans la pénétration des marchés existants qui ne sont pas pleinement exploités. En ça, le pari risqué de Gary Bettman en encourageant et en maintenant en vie à perte certains marchés non-traditionnels semble fonctionner. La série qui opposait les Predateurs de Nashville et les Coyotes de Phoenix était la consécration de la stratégie d’implantation de franchises dans ces marchés à développer. L’intérêt suscité par la série a dépassé toute la couverture de la LNH dans ces deux villes depuis leur arrivée dans le sud des États-Unis; Steve Lepore de Puck the Media faisait remarquer la semaine dernière que les matchs de cette série on défoncer le million de téléspectateur au réseau américain NBCSN.

Implications pour Québec?

La façon dont les choses se sont déroulées en séries cette saison représente un difficile constat pour les gens de Québec, notamment ceux qui travaillent dans l’ombre pour s’assurer que le dossier de relocalisation demeure actuel et que la candidature de Québec soit toujours sur le dessus de la pile.

Imaginez un instant l’élimination rapide des Preds et des Coyotes, pas de Buzz, pas de WhiteOut en Arizona… La dynamique serait bien différente en Arizona. Mardi dernier quand le conseil de ville de Glendale se réunissait, les Coyotes de Phoenix mettait en vente les billets pour la 3e ronde des séries et les journaux de la ville et les nouvelles sportives locales à la télévision étaient tapissé de la couverture des Yotes… Bettman pouvait bien pavoiser…

Dans ce contexte, les dossiers de relocalisation sont donc repoussés derrière d’autres dossiers plus importants : la négociation de la nouvelle convention collective et la consolidation de transfert de propriété de certaines franchises plus fragiles. Le dossier des Blues de St-Louis vient d’être réglé et maintenant Bettman se tourne vers les Islanders de New-York pour tenter d’aider Charles Wong à obtenir soit une façon de construire un nouvel amphithéâtre à Long Island, soit à un transfert verts Brooklyn. Chose certaine, la LNH quitte cette dynamique de gestion à la semaine des risques de déménagement d’une de ses franchises américaines au profit d’un marché canadien déjà conquis.

Une finale de rêve?

On fait beaucoup de cas de la finale de rêve possible dans la LNH entre Los Angeles et les Rangers… Certes, cela ferait bien plaisir, notamment, aux télédiffuseurs américains. Mais n’allez pas croire un instant que Bettman ne serait pas aussi entiché de voir les Coyotes en finale. Dans le conflit qui l’oppose à l’institut Goldwater, les revenus générés par quatre rondes des séries par les Coyotes seraient un argument canon pour battre en brêche l’austérité prônée par la très conservatrice organisation de défense des consommateurs et payeurs de taxes.

On peut lire le Globe and Mail sur la question : http://www.theglobeandmail.com/sports/is-bettman-peaking-at-the-right-time/article2431366/