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Nous l’avions écrit il y a quelques semaines, si les propriétaires se cramponnaient dans l’intransigeance de leurs positions, l’arme de dernier recours pour les joueurs demeuraient la dissolution de leur association. C’est la stratégie qu’avaient adopté les joueurs de la NBA l’an dernier et voilà que Bettman pourrait bien se faire servir la même médecine…

Diverses sources nous ont appris aujourd’hui que les aviseurs légaux de l’AJLNH ont désormais le mandat de consulter les joueurs sur la dissolution de l’association, le tout avant mardi prochain. Si la majorité simple des joueurs se prononcent en faveur de cette option, les frères Fehr pourraient bien lancer les procédures judiciaires en vertu des lois anti-trust américaines dès lors; le but étant, évidemment, de forcer les autorités fédérales américaines à déclarer le lock-out illégal.

Les deux scénarios plausibles

A) la perspective de dissolution du syndicat des joueurs forcera les propriétaires à réagir. Cela pourrait se répercuter par une plus grande ouverture, par exemple, sur la question de la longueur maximale des contrats (de 5 ans à 6, ce qui rejoindrait la proposition des joueurs), ou par rapport à la durée de l’entente (7 ans au lieu de 10). Nous croyons que la question du fonds de provision en vue de respecter les contrats déjà réglée et que les joueurs ont accepté que les proprios n’en mettraient pas plus dans le « make whole ».

B) Bettman et la frange plus radicale des propriétaires jouent le tout pour le tout et acceptent de porter le conflit devant la Cour. Cette option repose, selon nous, sur la prémisse suivante : la LNH veut prouver aux joueurs une fois pour toute, et hors de tout doute, que les chiffres qu’ils contestent par rapport à la santé financière de plus d’une dizaine de marchés dans la ligue sont irréfutables et que leur plan de redressissement des finances de la ligue est une condition m^même de la survie de ces marchés. Ce serait en fait la solution coup de circuit pour les propriétaires car une telle décision rendue par la Cour fédérale leur donnerait raison sur toute la ligne. Mais des experts légaux cités par ESPN dans des textes de Katie Strange et Pierre Lebrun avouent qu’il s’agit là d’un énorme risque, les cours de justice étant souveraines et bien peu prévisibles.

Dans les faits, les amateurs de hockey devraient être fixés d’ici une semaine car si les joueurs décident d’opter pour la voie de la dissolution, ce sera un signal clair qu’ils souhaitent sauver la saison à tout prix. Cela doit donc se produire rapidement. Étrangement, il y a quelques propriétaires qui, discrètement espèrent que le conflit prennent cette voie. Les plus militants car ils sont persuadés de leurs chances de succès en cour-c’est la minorité- les autres pour que la voie de la raison gagne le cercle des proprios.

Notons en terminant que le seul scénario qui semble acceptable pour les deux camps dans le cas où l’on sauve la saison, c’est un calendrier de 56 matchs. Pour sauver l’intégrité de la saison et du titre de champion de la Coupe Stanley, on souhaite éviter une saison de moins de 50 matchs.