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Quelques réflexions en vrac concernant les non-développements des derniers jours :

A) C’est une honte innomable que Gary Bettman se soit présenté au Temple de la Renommée du Hockey hier soir. Nous n’avons pas besoin d’attendre que l’arrogant commissaire quitte son poste pour un des trois autres sports prestigieux afin de parler de l’héritage qu’il laissera en tant que Grand Manitou de la LNH. Trois conflits majeurs depuis 1994; aucune considération pour les effets à long terme de ces conflits sur la base partisane; un dégoût de la structure économique du sport qui tire 40% de ses revenus des 7 équipes canadiennes (ce qui horripile le Commissaire); la ferme impression que la LNH est un passage obligé pour Bettman avant de se voir considérer pour un tremplin vers la NBA (ou un autre sport « vraiment américain »).

Mais pire encore, c’est que la présence de Bettman à l’intronisation de l’un des plus grands ambassadeurs de notre sport, un gentleman comme il ne s’en fait que trop rarement, un passionné qui a prêché par l’exemple, la droiture, l’honnêteté envers ses coéquipiers, Joe Sakic, la présence de Bettman donc, nous a montré les deux extrêmes de ce que notre sport national a à offrir; la classe du passionné sur la glace et l’administrateur-gestionnaire mercantile qui additionne et calcule pour les propriétaires sans égards envers ceux qui comptent (au propre et au figuré) le plus pour les amateurs.

Les joueurs ont-ils tout vrai dans ce conflit? Bien sûr que non. Mais une chose est certaine, Bettman se met un doigt dans l’oeil en cautionnant l’imprudence (ou la connivence) des propriétaires qui ont consenti des contrats surréalistes à quelques heures du lockout. Car en demandant maintenant que ces contrats ne soient pas respectés; ou pire, en demandant que ce soit un « make whole » fund qui les payent au delà de la nouvelle entente, c’est demander que ce soient les joueurs qui payent pour l’imprudence des proprios. C’est proprement scandaleux et ça pourrait priver les amateurs d’une saison complète et même mettre en péril plusieurs marchés de la LNH, à commencer par celui qu’un joueur comme Sakic a bâti, le Colorado. En ça, Bettman n’avait pas d’affaire sur la même tribune que Joe Sakic. Point.

B) L’optimisme débordant de certains chroniqueurs de la faune montréalaise s’est passablement refroidi ces derniers jours. François Gagnon parle même dans LaPresse du risque de la saison perdue. Damian Cox l’évoquait la semaine dernière, se refusant de croire que joueurs et proprios avaient assez soufferts de la situation actuelle. La poussière de huis-clos de la dernière session de négo retombée, on constate en effet que le fossé est abyssal. Plus qu’une question de chiffre, on s’entredéchire sur la vision même de ce que devrait être la LNH des prochaines années. On est loin de la première mise au jeu.

Pire encore, le NY Times nous apprenait en fin de semaine qu’un nouveau front s’était ouvert dans le litige : qui payera pour les dommages causés par le lockout? La LNH devra faire face à des poursuites coûteuses au terme du conflit de travail. Molson-Coors a annoncé étudier la chose à la lumière des pertes qu’elle accuse depuis le début du conflit. Reebok a emboîté le pas; d’autres suivront.

Un lockout c’est une décision unilatérale des propriétaires de bloquer l’accès des joueurs à leur milieu de travail, mais Bettman voudrait qu’à tout le moins l’AJLNH paye une partie des pertes et dépenses émanant des poursuites! Le fossé se creuse. La gestion des contrats et le partage des revenus hockey sont les autres dossiers les plus litigieux.

C) En terminant, l’absence du hockey dans la programmation des différentes chaînes (télé-radio) spécialisées dans le sport crée un vide qu’il est très difficile de combler. Honnêtement, je veux bien que l’on compense par des habits d’époques et des vielles « games » des années 80, mais les faméliques cotes d’écoute montrent bien que le public-cible de ces réseaux a opéré un transfert vers d’autres chaînes, d’autres moyens de diverstissement. On se demande l’intérêt de discuter encore, comme on le faisait hier soir chez Ron Fournier, des meilleurs hockeyeurs canadiens de l’histoire; sujet usé de redondance s’il en est un. Vivement plus de matchs de la LHJMQ, de la ligue américaine et des ententes avec certains circuits européens et collégiaux américains pour que nos écrans montrent la belle diversité du hockey.