20121009-114618.jpg

Quand la LNH a officiellement mis ses joueurs en lockout, la majorité des observateurs de la LNH savaient qu’on se dirigeait vers un conflit qui n’allait pas se régler avant le début de la saison. Une première tranche de 82 matchs a été annulée et les joueurs sont sur le point de franchir l’étape cruciale dans ce conflit du premier chèque de paye qui s’envole en fumée.

Pour certains propriétaires, il était déjà acquis que ce conflit devait coûter « cher » aux joueurs, qu’il fallait que ceux-ci comprennent par l’attaque directe à leur porte-feuille.

En ce sens, on félicite le défenseur des Sharks de San José, le franco-ontarien Dan Boyle, qui ne s’est pas défilé lorsque questionné au sujet du conflit de travail. Selon lui, la perte de salaire des joueurs étaient planifiée depuis le début et représentait un passage obligé en quelque sorte. Ce qui étonne un peu plus, c’est sa conviction que la nature même du comité de gestion des propriétaires, qui prévoit que si 8 propriétaires peuvent s’unir lors d’un vote, il y a véto, cette structure donc permet à un groupe « sélect » de propriétaires de pouvoir imposer sa vision de ce que devrait être la LNH. Plus encore, Boyle croit fermement que la majorité des proprios militeraient pour une solution « négociée » le plus rapidement possible.

« I think when players make comments, sometimes it’s directed towards 30 owners, but I think a lot of us feel that it’s not across the board. It’s a certain group of teams that are controlling 30 others. It doesn’t make any sense to me that eight teams can control the fate of 22 other ones. » http://bayarea.sbnation.com/sharks/2012/10/5/3460682/nhl-lockout-2012-sharks-dan-boyle

Si les statuts organisationnels qui régissent la gestion de la LNH par les propriétaires permettent effectivement que 8 personnes sur 30 puisse bloquer tout effort de règlement, il y a fort à parier que la division s’installera dans leurs rangs. Pour le Canadien de Montréal, on estime à environ 10 millions de dollars les pertes de revenus qui incombent à l’annulation des deux premières semaines de la saison. Aucun gestionnaire n’acceptera longtemps de se voir dicter un conflit au prix de sa stabilité financière.

Bravo @Damospin!

Nous aimerions lever notre chapeau (encore!) à Damian Cox du Toronto Star, un journaliste et commentateur sportif qui n’a pas la langue dans sa poche. Alors que les réseaux de sports canadiens font tout pour soutenir l’intérêt de leurs auditoires aux reportages de leurs correspondants qui couvrent les négociations entre proprios et l’AJLNH, celui-ci se moque de ces psychodrames puérils. Via Twitter où il est très actif – et très divertissant – @Damospin affirme :

 » Be wary of anyone telling you NHL talks coming to a pivotal moment. Not even close. Both have already conceded no hockey in Oct, Nov. » aussi : « All these breathless updates do is create this sense of false urgency. But neither side is urgent at all. IGNORE THEM. »

Selon Damian Cox, le psychodrame est un non-événement artificiellement créé par des réseaux de sports qui tentent de se rendre intéressants à un moment où l’absence de hockey de la LNH les rend très vulnérables aux critiques de leur mince et drabe programmation télévisuelle. Nous sommes tout à fait d’accord avec lui. Et même ici au Québec, la trop grande faune journalistique et du commentariat sportif qui dépend de la LNH pour vivre, montre à quel point elle est dépourvue d’intérêt quand le Canadien ne joue pas.

Qui se soucie vraiment du « pick up » de ligue de garage des sympathiques Gervais et Talbot? Sur RDS… Vraiment… et qui s’intéresse aux chroniques de Réjean Tremblay qui commente son ancien boss Philippe Cantin, qui tente de spinner les jeux olympiques à Montréal pour susciter, de n’importe quelle façon, un peu d’intérêt sportif à La Presse… Plus encore, n’en déplaise à ce bon bougre de Ron Fournier, sa tribune du soir est absolument indigeste quand on lui ampute les activités quotidiennes du Canadien. Il ne le sait que trop bien…

Bettman et Fehr discuterons des allocations de dépenses des joueurs et de sécurité au travail cette semaine… So what! Comme le dit Damian Cox : ignorez-les!