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Demain, samedi le 15 septembre, vers minuit (un oeu avant, le lendemain?), Gary Bettman du haut (pas très haut quand même) du dégoût qu’il porte envers tout ceux qui ne pensent pas comme lui, annoncera que devant l’intransigeance de l’Association des joueurs, les propriétaires sont CONTRAINTS de décréter un lockout, que la structure financière actuelle de la LNH est insoutenable et que des modifications sont capitales afin de rendre la ligue viable auprès du plus grand nombre de proprios, etc.

Ce que vous ne l’entendrez pas dire cependant c’est que jusqu’à la dernière minute, des proprios ont DÉFIÉ le mot d’ordre du commissaire de ne pas octroyer de contrats de plus de 5 ans pendant la période de négociation entre l’AJLNH et la LNH; vous ne l’entendrez pas commenter la dissidence de certains propriétaires qui ont publiquement condamné la stratégie du lockout, on pense ici aux Kings, aux Rangers, aux Canadiens de Montréal (et les autres équipes canadiennes en fait); vous ne l’entendrez pas commenter les procédures canadiennes et québécoise de contestation du droit de lockout devant les commissions du travail concernées (sinon que pour dire qu’elles sont ridicules)…

De toute façon, les gestionnaires d’amphithéâtres ont déjà des plans de contingence en place pour combler les dates laissées vacantes par le lockout de la LNH, le commissaire Bettman prépare depuis des mois les commanditaires et les créanciers de la LNH à l’inévitable afin que les contrats soient reformulés et adaptés en fonction de l’arrêt des activités de la LNH.

Du point de vue des joueurs, les vedettes de la LNH trouveront place dans la KHL si elles le veulent. @DChesnokov (Dmitry Chesnokov, journaliste de hockey russo-américain, excellente source d’informations par rapport à ce qui se passe en Europe) annonçait sur son blogue que la KHL limitera l’influx de joueurs américains à 3 ou 4 par équipes selon des contraintes très sévères (150 matchs dans la LNH au cours des 3 dernières années, participation aux championnats du monde ou aux olympiques, MVP, etc) afin que seuls les meilleurs joueurs de la LNH soient admissibles.

Les autres ligues européennes accueilleront aussi des joueurs. En Suisse notamment, on augmentera la limite de joueurs « importés »! et les ligues scandinaves (Suède et Finlande) seront aussi très populaires. On a remarqué depuis mercredi que les équipes ont aussi soumis au ballotage la majeure partie de leurs joueurs admissibles à une rétrogradation dans la Ligue Américaine (surtout ceux qui avaient des contrats à deux volets) pour leur permettre de se présenter aux camps d’entraînement de leurs clubs école.

Pendant que chaque joueur s’active afin de trouver une équipe prête à l’accueillir pendant le lockout, pendant que les gestionnaires d’amphithéâtres contactent les « bookers » des grandes tournées nord-américaines pour ajouter des dates les soirs de matchs de la LNH, les amateurs de hockey se trouveront laisés. TSN proposera des matchs de la KHL et certains matchs de la LAH en plus de leur couverture des championnats mondiaux junior. Sportsnet accentuera sa couverture de la ligue junior canadienne et espérons que TVA Sports et RDS se tournent eux-aussi vers les ligues européennes (en diféré?, décalage horaire oblige…).

Le partisan sera le seul perdant dans la mesure où ce sera lui qui, en bout de piste, et surtout au Canada où les arénas débordent, fera les frais de l’augmentation des coûts et revenus de la LNH. Car les revenus seront au rendez-vous après le lockout. Il n’en coûtera pas moins pour aller au Centre bell et si quelques centaines de fans boudent la Sainte-Flanelle, des milliers d’autres prendront leur place.

À moins que…

À moins que le conflit ne dure plus longtemps que prévu, à moins que les deux partis ne fassent preuve de tant d’entêtement que l’on en arrive à annuler la saison, à moins que les proprios les plus dissidents ne soient marginalisés par ceux qui ont remis leurs clés à Bettman en disant « ou ça baisse, sinon on sacre notre camp », car il s’agit bien de cela. L’entêtement de Bettman tient beaucoup du fait que ce qui se joue présentement c’est l’avenir de la LNH telle qu’il l’a, lui, bâtie avec le temps. Et oui, en enfonçant de force le hockey dans la gorge (mais moins dans les portefeuilles) de marchés de hockey non-traditionnels qui aujourd’hui font front commun. On parle de jusqu’à une dizaine d’équipes… Bettman récolte ce qu’il a semé. Et cet homme est prêt à sacrifier la LNH pour ne pas perdre la face. car si « sa » LNH devait imploser, il ne serait plus là de toute façon pour s’occuper des pots cassés.