Nous l’écrivions plus tôt cette semaine, les acheteurs potentiels d’une franchise de la LNH, comme Québec, peuvent se compter chanceux de ne pas avoir été lancés dans la bataille qui s’annonce féroce entre proprios et joueurs du circuit Bettman.

À la lumière des premières rencontres de négociations entre l’association des joueurs de la LNH et les représentants des propriétaires, on doit maintenant ajouter que les gens de Québec évitent aussi d’avoir à participer à une guerre fratricide entre les proprios eux-mêmes! Car la prochaine négociation d’une entente collective lèvera le voile sur un problème important qui mine la LNH depuis des années, la division qui existe dans la façon de mener la LNH entre le groupe de propriétaires.

Un article intéressant de Ryan Kennedy du Hockey News (http://sports.yahoo.com/news/cba-war-between-owners-153800694–nhl.html)propose justement une lecture différente des négociations en cours; selon lui, le plus gros défi que devra affronter Gary Bettman est la division qui règne entre les proprios eux-mêmes. D’ailleurs, le cas Shea Weber illustre à merveille à quel point la fissure est grande dans la LNH entre les « riches » et les « pauvres ».

Le journaliste fait part des réflexions d’un ancien « executive » (DG, Président?) de la LNH, un insider quoi, qui offre une perspective de comment on voit la chose de l’intérieur de ce cercle très restreint :

« To be sure, there are franchises losing money. For me, I’ve never denied that – I just don’t really care. My philosophy has always been that people buy hockey teams for reasons other than profit. These are largely multi-millionaires and billionaires who were really good at something else – oil and gas, big pharma, media – and used their corporate genius to buy a fun toy. But obviously they don’t see it that way.

“At some point you have that moment in the shower where you say, ‘why am I spending (i.e. losing) $25 million to be a hockey fan?’” the ex-exec said. “Plus, you’re competitive. This is a group of people who aren’t used to defeat. »

La réalité c’est qu’il est de plus en plus difficile de trouver des magnats financiers prêts à se lancer dans l’aventure du hockey professionnel; surtout dans les marchés américains moins traditionnels. S’il est vrai que les revenus de la ligue croissent, cela ne bénéficie pas à l’ensemble des équipes. La structure économique actuelle force des proprios à dépenser plus qu’ils ne le voudraient compte tenu de la stricte limite imposée par la LNH entre le plancher et le plafond salarial. On voulait ainsi favoriser la parité dans la ligue mais cet objectif n’a jamais été atteint, si ce n’est, parfois, que par un nivellement vers le bas, dans le cas où une division de la LNH est dans l’ensemble très faible, comme la Sud-Ouest l’an dernier.

La réalité c’est que la fin de l’entente actuelle dans la LNH, et le contrat de Weber en est la preuve, montre à quel point le plafond salarial n’a pas freiné la spirale inflationniste des salaires et les proprios qui ont tant poussé pour l’instauration du plafond salarial en 2005 le font savoir à Gary Bettman. Reste à voir comment le commissaire traitera de contrats comme ceux de Shea Weber dont on sait qu’il violera assurément les termes de la prochaines convention collective. C’est d’ailleurs ce qui explique l’empressement de le faire avaliser maintenant, avant que ne soient définies les prochaines règles qui définiront la longueur et les montants de ce type de contrat.

Un joyeux merdier dont on sait que les acheteurs potentiels d’une équipe de la LNH sont contents de ne pas être contraints d’y participer!