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Nous avons beaucoup écrit dernièrement sur les développements qui concernent l’avenir de l’équipe la plus instable de la LNH, les Coyotes de Phoenix. Bien sûr, la perspective de voir la LNH forcée de déménager une autre équipe moribonde à Québec a intéressé les amateurs de la Belle Province au plus haut point. La vente des Coyotes à Greg Jamison s’éternise, la situation à Glendale est toujours aussi nébuleuse, mais Gary Bettman est désormais résigné à laisser le bateau couler dans le déser de l’Arizona, tout sauf un autre déménagement dans un « petit » marché canadien/québécois…

Souvenons-nous de l’annonce du déménagement des Trashers à Winnipeg, cet air condescendant, arrogant, tout empreint de mépris, alors que les Manitobains jubilaient dans les rues… Gary Bettman ne voudra plus jamais avoir à piler sur son égo comme il a dû le faire cette fois là.

Jamais.

Québec reverra peut-être le hockey de la LNH un jour, mais ce sera par le truchement d’une expension en bonne et dûe forme, avec les 130 millions de frais qui s’y rattache. Mais Gary Bettman a trouvé son salut pour se sortir de cette impasse ailleurs, un salut à haut risque, les négociations du renouvellement de l’entente entre l’association des joueurs de la LNH et les propriétaires.

En quelque sorte, c’est LA MEILLEURE CHOSE qui pouvait arriver pour les amateurs de hockey québécois qui espèrent le retour des Nordiques…

Redéfinir les bases économiques de la LNH

Nous le disions, en procédant par la voie d’une expension, les frais d’acquisition d’une franchise à Québec grimperont. Autant attendre, donc, que la LNH et ses joueurs redéfinissent la façon d’opérer le système économique de la ligue! Le plafond salarial imposé en 2005 n’a manifestement pas freiné la spirale inflationniste des salaires. Les revenus de la ligue ont continué de croître ce qui a assuré que plancher et plafond salarial ont évolué de façon fulgurante, rendant ainsi précaire les finances de plus du deux tiers des équipes de la ligue.

C’est un fait connu, certaines équipes peinent à dépenser le minimum prévu par la présente entente, simplement pour se rendre au plancher salarial! Fait cocasse (et déconcertant!), dans ce système, un joueur comme Scott Gomez devient intéressant pour une équipe qui veut profiter de son impact sur la masse salarial comparativement à son salaire réel. Cette saison, Gomez coûtera 5,5 millions et l’an prochain 4,5 millions, cependant, il comptera pour 7 357 143$ par saison sur la masse salariale! Une équipe cherche à sauver de l’argent par rapport au plafond salarial sauverait 4 714 286 $ sur deux ans en procédant à l’aquisition de Scott Gomez… L’insérer dans la formation est toutefois une chose plus hardue à faire… (capgeek de Gomez ici : http://capgeek.com/players/display.php?id=624 en passant, c’est la fiche la plus populaire du site!)

Gary Bettman est sous pression de la part des propriétaires pour qu’il « arrange », répare, le système financier actuel pour qu’il soit un peu plus à l’avantage de ceux qui possèdent une franchise de la LNH. Trois équipes (Phoenix, Islanders et Devils) sont sous tutelle de la LNH et près des deux tiers des marchés de la ligue disent perdre de l’argent, ce que les joueurs contestent bien entendu.

Dans ce contexte, la table est mise pour que Gary Bettman adopte la ligne dure avec les joueurs. La bataille s’annonce féroce.

Pour un acquéreur potentiel comme Bell Média ou Québécor, mieux vaut être en retrait de cette bataille cependant. Les propriétaires n’arriveront pas à faire baisser la part des revenus récolté par les joueurs à 46% comme le voulait leur première offre de cette négociation, mais un partage égal de 50-50 est tout à fait envisageable. La NFL et la NBA le font, pourquoi pas la LNH? La différence entre le 57% que récolte les joueurs actuellement et le 50% potentiel, sur un total des revenus combinés de la ligue de 3,2 milliards, représente un joli pactole (45 millions par équipe, par saison).

Au terme de la prochaine négociation entre joueurs et propriétaires, la donne aura changé. La LNH réussira-t-elle à infléchir le système actuel au point de rendre les marchés moribonds actuels plus concurentiels? Certainement pas. Les occasions demeureront pour Québec de rejoindre les rangs de cette LNH nouveau genre!

Ce qui aura changé? Une autonomie complète plus tardive pour les joueurs, une règlementation plus stricte pour contrer les contrats dérisoire qui s’étendent sur plus d’une décennie!, peut-être même la fin des contrats garantis, sinon le droit de rachat de contrats comme ceux de Gomez, sans pénalité sur la masse salariale.

À coup sûr cependant, un nouveau départ dans le système financier de la LNH marquera une meilleure affaire pour les acheteurs potentiels d’une franchise. Autant se garder en réserve et attendre que les nuages se dissipent. C’est la meilleure chose qui pouvait arriver à Québec.