Si l’on en croit différentes sources bien au fait des premières négociations de renouvellement d’une entente de travail dans la LNH entre les joueurs et la ligue, les proprios, par la bouche de leur comité de négociation, ont décidé de sortir les canons avec leur première offre. La hache de guerre est déterrée et les plus pessimistes disent qu’ils avaient eu raison de croire que le hockey est dans de beaux draps…

Selon Larry Brooks du NY Post, via twitter, une véritable déclaration de guerre :

« Larry Brooks of the New York Post also tweeted that the NHL’s proposal would eliminate signing bonuses on future contracts and mandate that all future deals have an equal value for every year of the contract.

NHL proposal amounts to Declaration of War against NHLPA, » added Brooks in a separate tweet. »

TSN cite pour sa part Renaud Lavoie de RDS selon qui les proprios ont proposé comme première offre de réduire la part de revenus des joueurs de 57 à 46 %, une autonomie complète après 10 ans (!), un maximum de cinq ans pour les contrats, la fin de l’arbitrage salarial et une prolongation de 5 ans de la période des « entry level contracts ».

L’art de la négociation

Dans toute négociation, il faut prévoir que les partis accepteront d’en laisser un peu sur la table, sinon c’est la confrontation. Dans le monde des relations de travail, la confrontation a deux issues, le lock-out et la grève. Les plus pessimistes (nous ne sommes pas de ceux-là, aurons-nous tort?) disent depuis longtemps qu’un lock-out dans la LNH est inévitable. François Gagnon de La Presse est de ceux là. Pour lui, le système actuel est si inéquitable quand on le compare aux autres grands sports comme la NFL et la NBA que les proprios sont prêts à sacrifier une saison pour avoir gain de cause, c’est-à-dire un meilleur contrôle des dépenses et une plus grande part des revenus générés par la ligue.

D’autres, comme Adrian Dater du Sports Illustrated, constatent bien que le système est à revoir, mais que ce sont aux proprios de revoir leur façon de faire avant de demander aux joueurs de faire la part du lion dans les concessions à la table des négociations. Son papier de ce matin est sans équivoque : « NHL owners must face their own hypocrisy as CBA deadline nears » (http://sportsillustrated.cnn.com/2012/writers/adrian_dater/07/13/nhl-cba-talks-issues/index.html#ixzz20cymETFz)

Comme nous le mentionnions lors de notre dernier article sur le sujet, (https://hockeypurelaine.wordpress.com/2012/07/09/negos-dans-la-lnh-les-proprietaires-sont-les-artisans-de-leur-propre-malheur/), et Dater le souligne à grands traits, quand les proprios plaideront qu’ils ne font pas d’argent – et ils le feront, tout le monde le sait- Donald Fehr, négociateur en chef de l’Association des joueurs, n’aura qu’à se présenter à la table avec, en mains, des copies des contrats de Zack Parisé, Ryan Suter, Jonathan Quick, etc…

Le système en place permettait de contrôler les dépenses, à conditions que les proprios évitent de livrer la lune à chaque fois qu’ils convoitent un joueur à la porte de l’autonomie, ce à quoi ils ont échoué lamentablement! Doit-on rappeler que les Devils de New-Jersey étaient prêts à offrir un contrat de 17 saisons à Ilya Kovalchuk qui avait alors 27 ans!

Dans chaque négociation publique comme celle qui oppose joueurs et proprios de la LNH, il y a aussi une guerre de positionnement médiatique. Chaque camp voudra faire porter l’odieux à l’autre de l’échec des négociations s’il y a rupture des négos. Personne ne pleurera le sort des joueurs bien entendu, ils sont bien payés. Mais les proprios auront beaucoup de difficulté à faire croire à quiconque qu’ils sont les « victims » de ce système quand on constate la folie inflationniste des contrats octroyés aux joueurs depuis le début de la présente entente.

Pistes de lecture : http://www.tsn.ca/nhl/story/?id=400580