La folie des grandeurs que l’on associe à la période des embauches de joueurs autonomes sans restriction est passée et encore une fois, certains propriétaires ont prêché par l’exemple… de tout ce qui cloche dans le système actuel!

En ce sens, il est intéressant de lire l’article de Lynn Zinser du New-York Times dans la chronique Slap Shot de ce journal : http://slapshot.blogs.nytimes.com/2012/07/06/whats-next-n-h-l-bidders-a-20-year-contract/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+nyt%2Frss%2FSports+%28NYT+%3E+Sports%29

À quand l’octoi d’un contrat de 20 ans dans la LNH titre-t-elle? en rappelant par l’occasion que les Devils ont été les plus téméraires sur cette route quand ils ont offert un contrat de 17 ans!!! à Ilya Kovalchuk avant que la LNH n’intervienne pour briser ce contrat et même punir les Devils d’avoir essayer de conclure un tel contrat. Les Devils sont d’ailleurs dans un tel gouffre financier présentement que c’est peut-être la LNH qui paiera bientôt les opérations courantes de l’équipe!

Cependant, depuis quelques années, les contrats qui s’étendent sur une décennie pullulent et sont en train de devenir la norme (17 contrats dans la LNH en ce moment de 9 ans ou plus) afin d’attirer les joueurs d’exception qui atteignent l’autonomie dans la mi-vingtaine… Ces contrats représentent d’énormes risques pour ceux qui les octroient et le plus souvent rendent les joueurs qui les signent de véritable boulets pour leurs organisations respectives.

Alors pourquoi de tels contrats?

Tous les chroniqueurs professionnels vous répondront que les propriétaires sont une bande d’individus qui sont incapables de se discipliner et qu’il y en aura toujours un prêt à consentir la lune (et le vaisseau spatial qui vient avec!) à un ou des joueurs qui lui feront miroiter la possibilité de ramener la coupe Stanley chez lui.

C’est certainement ce qu’a pensé Craig Leopold, le propriétaire du Wild du Minnesota en balaçant plus de 200 millions au deux plus grosses prises du marché cet été, Ryan Suter et Zach Parisé.

L’impact sur les négociations…

Cependant, les folies des derniers jours auront très certainement un impact sur les négociations de la convention collective échue entre joueurs et propriétaires de la LNH. Chiffres à l’appui, le commissaire brossera assurément un portait sombre des finances de la LNH, 20 clubs sur 30 qui ne font pas d’argent, une trop grosse part des revenus qui vont aux joueurs (57%), etc. En passant, Leopold fait partie des proprios qui se plaignent de perdre de l’argent dans l’aventure de la LNH…

La défense des jouurs est déjà toute tracée! On exposera sur la table les contrats des Crosby, Parisé, Luongo, DiPietro, etc… Sans compter que l’association des joueurs conteste depuis longtemps la méthode comptable de certains propriétaires qui se disent déficitaires…

Ce noeud gordien, Lynn Zinser y répond de la façon suivante quand certains propriétaires, Jordan Leopold en tête, demandaient que l’on « répare » au plus vite ce système inefficace :

« By “fix,” we are assuming at the time Leopold did not mean he wanted to spend more. But that’s exactly what he did. That’s because the N.H.L. has gotten itself into an absurd contract rat race of its own making. It gets around the restrictions of the salary cap by stretching contracts over an absurd number of years. The next crop of superstars might be getting paid into their 50s. »

À n’en point douter, quand les proprios demandent qu’on les aide à « réparer » la LNH dans sa forme actuelle, ils demandent, en quelque sorte, qu’on les protège de leur propre folie.