La véritable guerre n’est pas entre joueurs et propriétaires… Une lutte des classes?! vendredi, Juil 20 2012 

 

Nous l’écrivions plus tôt cette semaine, les acheteurs potentiels d’une franchise de la LNH, comme Québec, peuvent se compter chanceux de ne pas avoir été lancés dans la bataille qui s’annonce féroce entre proprios et joueurs du circuit Bettman.

À la lumière des premières rencontres de négociations entre l’association des joueurs de la LNH et les représentants des propriétaires, on doit maintenant ajouter que les gens de Québec évitent aussi d’avoir à participer à une guerre fratricide entre les proprios eux-mêmes! Car la prochaine négociation d’une entente collective lèvera le voile sur un problème important qui mine la LNH depuis des années, la division qui existe dans la façon de mener la LNH entre le groupe de propriétaires.

Un article intéressant de Ryan Kennedy du Hockey News (http://sports.yahoo.com/news/cba-war-between-owners-153800694–nhl.html)propose justement une lecture différente des négociations en cours; selon lui, le plus gros défi que devra affronter Gary Bettman est la division qui règne entre les proprios eux-mêmes. D’ailleurs, le cas Shea Weber illustre à merveille à quel point la fissure est grande dans la LNH entre les « riches » et les « pauvres ».

Le journaliste fait part des réflexions d’un ancien « executive » (DG, Président?) de la LNH, un insider quoi, qui offre une perspective de comment on voit la chose de l’intérieur de ce cercle très restreint :

« To be sure, there are franchises losing money. For me, I’ve never denied that – I just don’t really care. My philosophy has always been that people buy hockey teams for reasons other than profit. These are largely multi-millionaires and billionaires who were really good at something else – oil and gas, big pharma, media – and used their corporate genius to buy a fun toy. But obviously they don’t see it that way.

“At some point you have that moment in the shower where you say, ‘why am I spending (i.e. losing) $25 million to be a hockey fan?’” the ex-exec said. “Plus, you’re competitive. This is a group of people who aren’t used to defeat. »

La réalité c’est qu’il est de plus en plus difficile de trouver des magnats financiers prêts à se lancer dans l’aventure du hockey professionnel; surtout dans les marchés américains moins traditionnels. S’il est vrai que les revenus de la ligue croissent, cela ne bénéficie pas à l’ensemble des équipes. La structure économique actuelle force des proprios à dépenser plus qu’ils ne le voudraient compte tenu de la stricte limite imposée par la LNH entre le plancher et le plafond salarial. On voulait ainsi favoriser la parité dans la ligue mais cet objectif n’a jamais été atteint, si ce n’est, parfois, que par un nivellement vers le bas, dans le cas où une division de la LNH est dans l’ensemble très faible, comme la Sud-Ouest l’an dernier.

La réalité c’est que la fin de l’entente actuelle dans la LNH, et le contrat de Weber en est la preuve, montre à quel point le plafond salarial n’a pas freiné la spirale inflationniste des salaires et les proprios qui ont tant poussé pour l’instauration du plafond salarial en 2005 le font savoir à Gary Bettman. Reste à voir comment le commissaire traitera de contrats comme ceux de Shea Weber dont on sait qu’il violera assurément les termes de la prochaines convention collective. C’est d’ailleurs ce qui explique l’empressement de le faire avaliser maintenant, avant que ne soient définies les prochaines règles qui définiront la longueur et les montants de ce type de contrat.

Un joyeux merdier dont on sait que les acheteurs potentiels d’une équipe de la LNH sont contents de ne pas être contraints d’y participer!

 

 

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Un conflit qui arrive à point nommé pour Québec! mardi, Juil 17 2012 

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Nous avons beaucoup écrit dernièrement sur les développements qui concernent l’avenir de l’équipe la plus instable de la LNH, les Coyotes de Phoenix. Bien sûr, la perspective de voir la LNH forcée de déménager une autre équipe moribonde à Québec a intéressé les amateurs de la Belle Province au plus haut point. La vente des Coyotes à Greg Jamison s’éternise, la situation à Glendale est toujours aussi nébuleuse, mais Gary Bettman est désormais résigné à laisser le bateau couler dans le déser de l’Arizona, tout sauf un autre déménagement dans un « petit » marché canadien/québécois…

Souvenons-nous de l’annonce du déménagement des Trashers à Winnipeg, cet air condescendant, arrogant, tout empreint de mépris, alors que les Manitobains jubilaient dans les rues… Gary Bettman ne voudra plus jamais avoir à piler sur son égo comme il a dû le faire cette fois là.

Jamais.

Québec reverra peut-être le hockey de la LNH un jour, mais ce sera par le truchement d’une expension en bonne et dûe forme, avec les 130 millions de frais qui s’y rattache. Mais Gary Bettman a trouvé son salut pour se sortir de cette impasse ailleurs, un salut à haut risque, les négociations du renouvellement de l’entente entre l’association des joueurs de la LNH et les propriétaires.

En quelque sorte, c’est LA MEILLEURE CHOSE qui pouvait arriver pour les amateurs de hockey québécois qui espèrent le retour des Nordiques…

Redéfinir les bases économiques de la LNH

Nous le disions, en procédant par la voie d’une expension, les frais d’acquisition d’une franchise à Québec grimperont. Autant attendre, donc, que la LNH et ses joueurs redéfinissent la façon d’opérer le système économique de la ligue! Le plafond salarial imposé en 2005 n’a manifestement pas freiné la spirale inflationniste des salaires. Les revenus de la ligue ont continué de croître ce qui a assuré que plancher et plafond salarial ont évolué de façon fulgurante, rendant ainsi précaire les finances de plus du deux tiers des équipes de la ligue.

C’est un fait connu, certaines équipes peinent à dépenser le minimum prévu par la présente entente, simplement pour se rendre au plancher salarial! Fait cocasse (et déconcertant!), dans ce système, un joueur comme Scott Gomez devient intéressant pour une équipe qui veut profiter de son impact sur la masse salarial comparativement à son salaire réel. Cette saison, Gomez coûtera 5,5 millions et l’an prochain 4,5 millions, cependant, il comptera pour 7 357 143$ par saison sur la masse salariale! Une équipe cherche à sauver de l’argent par rapport au plafond salarial sauverait 4 714 286 $ sur deux ans en procédant à l’aquisition de Scott Gomez… L’insérer dans la formation est toutefois une chose plus hardue à faire… (capgeek de Gomez ici : http://capgeek.com/players/display.php?id=624 en passant, c’est la fiche la plus populaire du site!)

Gary Bettman est sous pression de la part des propriétaires pour qu’il « arrange », répare, le système financier actuel pour qu’il soit un peu plus à l’avantage de ceux qui possèdent une franchise de la LNH. Trois équipes (Phoenix, Islanders et Devils) sont sous tutelle de la LNH et près des deux tiers des marchés de la ligue disent perdre de l’argent, ce que les joueurs contestent bien entendu.

Dans ce contexte, la table est mise pour que Gary Bettman adopte la ligne dure avec les joueurs. La bataille s’annonce féroce.

Pour un acquéreur potentiel comme Bell Média ou Québécor, mieux vaut être en retrait de cette bataille cependant. Les propriétaires n’arriveront pas à faire baisser la part des revenus récolté par les joueurs à 46% comme le voulait leur première offre de cette négociation, mais un partage égal de 50-50 est tout à fait envisageable. La NFL et la NBA le font, pourquoi pas la LNH? La différence entre le 57% que récolte les joueurs actuellement et le 50% potentiel, sur un total des revenus combinés de la ligue de 3,2 milliards, représente un joli pactole (45 millions par équipe, par saison).

Au terme de la prochaine négociation entre joueurs et propriétaires, la donne aura changé. La LNH réussira-t-elle à infléchir le système actuel au point de rendre les marchés moribonds actuels plus concurentiels? Certainement pas. Les occasions demeureront pour Québec de rejoindre les rangs de cette LNH nouveau genre!

Ce qui aura changé? Une autonomie complète plus tardive pour les joueurs, une règlementation plus stricte pour contrer les contrats dérisoire qui s’étendent sur plus d’une décennie!, peut-être même la fin des contrats garantis, sinon le droit de rachat de contrats comme ceux de Gomez, sans pénalité sur la masse salariale.

À coup sûr cependant, un nouveau départ dans le système financier de la LNH marquera une meilleure affaire pour les acheteurs potentiels d’une franchise. Autant se garder en réserve et attendre que les nuages se dissipent. C’est la meilleure chose qui pouvait arriver à Québec.

Saga Coyotes de Phoenix : souvenez-vous de Joe Cobb et Ken Jones… lundi, Juil 16 2012 

Joe Cobb et Ken Jones

 

Une brève pour ce soir, alors que le Québec s’englue dans sa 8e journée de canicule… Une température qui rappelle étrangement le désert d’Arizona!

Mike Sunnucks du Phoenix Sports Business journal rapporte aujourd’hui dans les pages du quotodien de l’Arizona que la ville de Glendale a officiellement rejeté l’initiative des deux citoyens Joe Cobb et Ken Jones, dont on vous avait parlé ici : https://hockeypurelaine.wordpress.com/2012/06/20/de-nouveaux-noms-dans-la-saga-des-coyotes-nordiques/ .

Ces deux citoyens, appuyés notamment par l’Institut Goldwater, tentaient de recueillir un nombre prédéterminé de signatures afin de forcer la ville de Glendale à tenir un référendum concernant l’entente de plus de 300 millions sur 20ans qui la lie à l’acheteur pressenti des Coyotes de Phoenix, Greg Jamison.

Le personnel officiel de la ville prétend que le nombre requis de signatures étaient de 1800 noms et la date limite pour les recueillir, trente jours; ce que contesteront, toujours appuyé par Goldwater, les deux hommes. Direction tribunaux donc.

Voici d’ailleurs le texte qui accompagnait la remise des dites signtures par Cobb et Jones :

« Joe Cobb and Ken Jones, who are citizens of Glendale, Arizona, formally request that you accept our Referendum papers identified as R-12-01.

We request the City of Glendale schedule our Referendum for a public vote at the earliest date possible.

Please note our legal advisers tell us we should be able to turn in our forms any time by July the 15th, 2012. They also tell us that the minimum number of qualified signatures is 10% of the number of people who voted in 2010.

We believe both the date and number of needed signatures are correct, and we were not able to start anything with the referendum until after Judge Fink validated our request to circulate the forms for signatures. Therefore, we request the city to accept these conclusions and give the citizens of our city a public vote without further delay.

Signed:

Ken Jones

Joe Cobb »

Financement complété par Jamison?

Notons également que Sunnucks publiait le 12 juillet dernier un autre article au sein duquel il annonçait que Greg Jamison avait maintenant l’argent nécessaire à l’achat des Coyotes : http://www.bizjournals.com/phoenix/news/2012/07/12/jamison-group-has-money-for-phoenix.html?page=2

On notera à la lecture de cet article cependant que Jamison refuse toujours de dévoiler l’identité de ses bailleurs de fond. Bref, un show de boucane pour le conseil de ville de Glendale? Pour éviter l’autre poursuite, plus menaçante celle-là, de l’Institut Goldwater, en vertu d’une loi qui relève de l’État de l’Arizona et qui encadre le type d’entente comme celui des 300 millions…

À suivre…

À lire aussi : http://www.glendalestar.com/news/headlines/article_563cda72-cac7-11e1-9239-0019bb2963f4.html

Les négos dans la LNH : « Une déclaration de guerre! » samedi, Juil 14 2012 

 

Si l’on en croit différentes sources bien au fait des premières négociations de renouvellement d’une entente de travail dans la LNH entre les joueurs et la ligue, les proprios, par la bouche de leur comité de négociation, ont décidé de sortir les canons avec leur première offre. La hache de guerre est déterrée et les plus pessimistes disent qu’ils avaient eu raison de croire que le hockey est dans de beaux draps…

Selon Larry Brooks du NY Post, via twitter, une véritable déclaration de guerre :

« Larry Brooks of the New York Post also tweeted that the NHL’s proposal would eliminate signing bonuses on future contracts and mandate that all future deals have an equal value for every year of the contract.

NHL proposal amounts to Declaration of War against NHLPA, » added Brooks in a separate tweet. »

TSN cite pour sa part Renaud Lavoie de RDS selon qui les proprios ont proposé comme première offre de réduire la part de revenus des joueurs de 57 à 46 %, une autonomie complète après 10 ans (!), un maximum de cinq ans pour les contrats, la fin de l’arbitrage salarial et une prolongation de 5 ans de la période des « entry level contracts ».

L’art de la négociation

Dans toute négociation, il faut prévoir que les partis accepteront d’en laisser un peu sur la table, sinon c’est la confrontation. Dans le monde des relations de travail, la confrontation a deux issues, le lock-out et la grève. Les plus pessimistes (nous ne sommes pas de ceux-là, aurons-nous tort?) disent depuis longtemps qu’un lock-out dans la LNH est inévitable. François Gagnon de La Presse est de ceux là. Pour lui, le système actuel est si inéquitable quand on le compare aux autres grands sports comme la NFL et la NBA que les proprios sont prêts à sacrifier une saison pour avoir gain de cause, c’est-à-dire un meilleur contrôle des dépenses et une plus grande part des revenus générés par la ligue.

D’autres, comme Adrian Dater du Sports Illustrated, constatent bien que le système est à revoir, mais que ce sont aux proprios de revoir leur façon de faire avant de demander aux joueurs de faire la part du lion dans les concessions à la table des négociations. Son papier de ce matin est sans équivoque : « NHL owners must face their own hypocrisy as CBA deadline nears » (http://sportsillustrated.cnn.com/2012/writers/adrian_dater/07/13/nhl-cba-talks-issues/index.html#ixzz20cymETFz)

Comme nous le mentionnions lors de notre dernier article sur le sujet, (https://hockeypurelaine.wordpress.com/2012/07/09/negos-dans-la-lnh-les-proprietaires-sont-les-artisans-de-leur-propre-malheur/), et Dater le souligne à grands traits, quand les proprios plaideront qu’ils ne font pas d’argent – et ils le feront, tout le monde le sait- Donald Fehr, négociateur en chef de l’Association des joueurs, n’aura qu’à se présenter à la table avec, en mains, des copies des contrats de Zack Parisé, Ryan Suter, Jonathan Quick, etc…

Le système en place permettait de contrôler les dépenses, à conditions que les proprios évitent de livrer la lune à chaque fois qu’ils convoitent un joueur à la porte de l’autonomie, ce à quoi ils ont échoué lamentablement! Doit-on rappeler que les Devils de New-Jersey étaient prêts à offrir un contrat de 17 saisons à Ilya Kovalchuk qui avait alors 27 ans!

Dans chaque négociation publique comme celle qui oppose joueurs et proprios de la LNH, il y a aussi une guerre de positionnement médiatique. Chaque camp voudra faire porter l’odieux à l’autre de l’échec des négociations s’il y a rupture des négos. Personne ne pleurera le sort des joueurs bien entendu, ils sont bien payés. Mais les proprios auront beaucoup de difficulté à faire croire à quiconque qu’ils sont les « victims » de ce système quand on constate la folie inflationniste des contrats octroyés aux joueurs depuis le début de la présente entente.

Pistes de lecture : http://www.tsn.ca/nhl/story/?id=400580

Décisions métigées au conseil municipal de Glendale… jeudi, Juil 12 2012 

 

Dans son plus récent article (http://www.azcentral.com/community/glendale/articles/2012/07/11/20120711glendale-rejects-attempt-overturn-sales-tax-increase.html), la journaliste du Arizona Republic Lisa Halverstadt rapporte que les avocats de la municipalité ont tenté de faire invalider les différentes initiatives populaires visant à forcer la ville de Glendale de tenir des référendums sur la hausse de taxe visant à renflouer les coffre de la ville afin de payer pour les frais de gestion du Joboom Arena, ainsi que le référendum proposé visant à forcer l’annulation de l’entente entre Glendale et l’acheteur pressenti des Coyotes de Phoenix, Greg Jamison.

Dans l’état actuel des choses, les deux pétition ont été refusées par le conseil de ville, mais comme le mentionne Halverstadt, il pourrait bien y avoir appel au juge pour juger de leur validité.

Certains y voient une victoire pour la LNH et la fin de ces menaces « référendaires »! Attention. Nous y voyons plutôt une forme de répit très temporaire. Pourquoi? Car ces initiatives émanant de citoyens de la ville sont moins menaçantes que l’entreprise judiciaire plus coordonnée menée par le Goldwater Institute. Mais dans les deux cas, les opposants à la dilapidation de fonds publics dans l’aventure de la LNH sont très motivés.

Le journaliste du Phoenix Sports Business Journal Mike Sunnucks explique (http://www.bizjournals.com/phoenix/news/2012/07/11/nhl-moving-ahead-with-phoenix-coyotes.html) :

« The city today disqualified a measure that sought to ask voters to nix a sales tax increase that would help Glendale solve a $35 million budget gap as well as help pay for a 20-year, $300 million arena deal with Jamison’s Coyotes group. The city cited misleading language on the ballot measure and petitions in its action.

Organizers of the sales tax measure could sue the city over the disqualification, campaign chairwoman Connie Wilhelm said Wednesday.

The sales tax increase and the opposition measure are not tied directly to the city’s Coyotes deal. But the increased tax revenue helps Glendale pay for the arena pact. »

Ainsi, la bataille se tranposera devant les tribunaux.

Entretemps, Bill Daly a annoncé que la LNH ne se formalisera pas de toutes ces batailles judiciaires et accorderait sa bénédiction à la vente formelle de l’équipe à Jamison. Cependant, le #2 de la LNH n’a pas encore pu dire si l’acheteur avait consolidé son financement. Dans les faits, la LNH accorde un enième délais à Jamison pour qu’il puisse conclure son bilan financier. Le problème demeure entier pour les bailleurs de fonds car les procédures judiciaires qui mettent en attente l’entente de plus de 300 millions entre Glendale et Jamison sont, pour eux, un très grand écueil.

Si on doit comprendre quelque chose à Québec de tout ça c’est que la LNH annonce formellement en se rangeant coûte que coûte derrière cette vente plus que fragile qu’elle ne déménagera pas cette équipe. Le scénario que nous évoquions la semaine dernière se précise. La LNH va casquer l’argent pour maintenir en vie les Coyotes cette saison et procédera vraisemblablement à une expension si elle devait « fermer la shop » à Glendale…

 

 

Négos dans la LNH : Les propriétaires sont les artisans de leur propre malheur! lundi, Juil 9 2012 

 

La folie des grandeurs que l’on associe à la période des embauches de joueurs autonomes sans restriction est passée et encore une fois, certains propriétaires ont prêché par l’exemple… de tout ce qui cloche dans le système actuel!

En ce sens, il est intéressant de lire l’article de Lynn Zinser du New-York Times dans la chronique Slap Shot de ce journal : http://slapshot.blogs.nytimes.com/2012/07/06/whats-next-n-h-l-bidders-a-20-year-contract/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+nyt%2Frss%2FSports+%28NYT+%3E+Sports%29

À quand l’octoi d’un contrat de 20 ans dans la LNH titre-t-elle? en rappelant par l’occasion que les Devils ont été les plus téméraires sur cette route quand ils ont offert un contrat de 17 ans!!! à Ilya Kovalchuk avant que la LNH n’intervienne pour briser ce contrat et même punir les Devils d’avoir essayer de conclure un tel contrat. Les Devils sont d’ailleurs dans un tel gouffre financier présentement que c’est peut-être la LNH qui paiera bientôt les opérations courantes de l’équipe!

Cependant, depuis quelques années, les contrats qui s’étendent sur une décennie pullulent et sont en train de devenir la norme (17 contrats dans la LNH en ce moment de 9 ans ou plus) afin d’attirer les joueurs d’exception qui atteignent l’autonomie dans la mi-vingtaine… Ces contrats représentent d’énormes risques pour ceux qui les octroient et le plus souvent rendent les joueurs qui les signent de véritable boulets pour leurs organisations respectives.

Alors pourquoi de tels contrats?

Tous les chroniqueurs professionnels vous répondront que les propriétaires sont une bande d’individus qui sont incapables de se discipliner et qu’il y en aura toujours un prêt à consentir la lune (et le vaisseau spatial qui vient avec!) à un ou des joueurs qui lui feront miroiter la possibilité de ramener la coupe Stanley chez lui.

C’est certainement ce qu’a pensé Craig Leopold, le propriétaire du Wild du Minnesota en balaçant plus de 200 millions au deux plus grosses prises du marché cet été, Ryan Suter et Zach Parisé.

L’impact sur les négociations…

Cependant, les folies des derniers jours auront très certainement un impact sur les négociations de la convention collective échue entre joueurs et propriétaires de la LNH. Chiffres à l’appui, le commissaire brossera assurément un portait sombre des finances de la LNH, 20 clubs sur 30 qui ne font pas d’argent, une trop grosse part des revenus qui vont aux joueurs (57%), etc. En passant, Leopold fait partie des proprios qui se plaignent de perdre de l’argent dans l’aventure de la LNH…

La défense des jouurs est déjà toute tracée! On exposera sur la table les contrats des Crosby, Parisé, Luongo, DiPietro, etc… Sans compter que l’association des joueurs conteste depuis longtemps la méthode comptable de certains propriétaires qui se disent déficitaires…

Ce noeud gordien, Lynn Zinser y répond de la façon suivante quand certains propriétaires, Jordan Leopold en tête, demandaient que l’on « répare » au plus vite ce système inefficace :

« By “fix,” we are assuming at the time Leopold did not mean he wanted to spend more. But that’s exactly what he did. That’s because the N.H.L. has gotten itself into an absurd contract rat race of its own making. It gets around the restrictions of the salary cap by stretching contracts over an absurd number of years. The next crop of superstars might be getting paid into their 50s. »

À n’en point douter, quand les proprios demandent qu’on les aide à « réparer » la LNH dans sa forme actuelle, ils demandent, en quelque sorte, qu’on les protège de leur propre folie.

 

 

Perspective très sombres à Phoenix… vendredi, Juil 6 2012 

 

Il s’est écrit beaucoup de choses au cours des derniers jours concernant les Coyotes de Phoenix. Alors que le site de la LNH NHL.com procédait à sa mise à jour habituelle des « rosters » de chaque équipe de la ligue suite aux nombreux changements qui surviennent après le 1er juillet, quelques internautes ont remarqué que la fiche des Coyotes avait disparu pendant quelques minutes. N’en fallait pas plus pour que des rumeurs sur Twitter annoncent la mort des Coyotes… Pourtant, la fiche du Wild de Minnesota a dû prendre plus de temps à mettre à jour!

Une chose est certaine cependant, Gary Bettman et son état major ont lancé la serviette dans le cas de Jamison autour du 3 juillet. Toujours sur Twitter, la journaliste du Arizona Republic Lisa Halverstadt (@LisaHalverstadt) a annoncé à cette date qu’un juge de la cour de Glendale avait accepté d’entendre la cause de payeurs de taxes de cette ville concernant les modalités de différentes initiatives visant à recueillir un nombre requis de signtures afin de forcer la ville à tenir deux référendums distincts qui auront une incidence directe sur la suite des choses pour les Coyotes.

Les deux référendums s’attaquent l’un à l’entente qui force la ville à verser des frais de gestion à Greg Jamison et l’autre au bail qui lie la ville aux Coyotes comme tel. Ce n’est pas la première fois que des citoyens tentent de déposer une pétition pour attaquer le lien entre Glendale et le hockey professionnel. Comme le souligne le journaliste David Shoalts du Globe and Mail ici http://www.theglobeandmail.com/sports/hockey/globe-on-hockey/glendale-petitions-threaten-to-torpedo-coyotes-sale/article4393492/, dans le passé, le conseil de ville n’a pas accepté de telles pétitions quand le nombre requis de signatures n’était pas atteint; d’où la présence de Ken Jones, un des citoyens qui mène la bataille pour tenir ces référendums, devant le juge.

Ce matin, Lisa Halverstadt confirme toujours sur Twitter, que le nombre total de signtures a déjà été atteint et que Joe Cobb et Ken Jones seront en mesure de déposer leur dossier devant le conseil de ville le 16 juillet prochain. Ces consultations populaires annoncées sont un cauchemar pour la LNH car elles se tiendront dans un contexte très particulier. Nos voisins du sud se préparent à des élections fédérales et municipales. 5 des 7 conseillers qui siègent présentement au conseil de ville ainsi que la mairesse Scruggs ne se représentent pas. En plus de devoir affronter l’opinion populaire, la LNH perd TOUT ses appuis actuels au Conseil alors que les votes fatidiques se tiendront en novembre. Des sondages régionaux montrent clairement que les citoyens de Glendale n’entendent pas donner le feu vert au prochain conseil d’engager les quelques 394 millions sur 20 ans que coûterait l’entente actuelle entre la LNH, Glendale et Jamison.

Trop tard pour Québec?

Pour les amateurs des Nordiques de Québec, ces récents développement arrivent cependant quelques mois trop tard si l’on en croit de nombreux observateurs de la LNH. Bettman aurait déjà fait son choix quant à la suite des choses en cas d’échec de ses tentatives de sauver les Coyotes. Shoalts le mentionne aussi dans son article, la LNH pourrait bien choisir de dissoudre les Coyotes, disperser ses 23 joueurs sous contrat dans les 29 autres équipes de la LNH et procéder ensuite à une expension en bonne et dûe forme.

Pourquoi ?

Il est déjà acquis que les Coyotes débuteront la saison à Phoenix, si début de saison il y a. La LNH est donc déjà engagée à défrayer les co¸uts de la prochaine saison, que Glendale casque le cash ou pas. Comme les risques sont grands que Glendale annule l’entente qui la lie à la LNH, il y aura un manque à gagner encore plus grand pour les autres proprios de la LNH (les prévisions diffèrent entre 25 millions et plus de 90 millions). Afin de pouvoir récupérer le plus d’argent possible, Bettman peut tout simplement dissoudre l’équipe et récupérer tout l’argent investi par la LNH par l’entremise des frais d’expension pour la prochaine concession à être attribuée. Il y aura enchères entre Québec et d’autres marchés (Seattle, Markham, Saskatoon, Kansas City ?) et parions que Bettman saura soutirer le plus possible de la candidature de Québec. Shoalts parle d’au moins 140 millions de frais d’expension.

Si Bettman a fait une croix sur la ville de Glendale et ce marché du sud des États-Unis, il est clair maintenant qu’il tient à tout prix à ne pas perdre la face devant les gens de Québec.

 

Doit-on revenir à l’époque où les matamores faisaient la loi dans la LNH ? mercredi, Juil 4 2012 

 

Dans la communauté toujours plus grande des blogueurs qui couvrent le hockey, nous sommes de ceux qui apprécient particulièrement la plume de Tom Urtz Jr qui sévit sur Bleacher Report http://bleacherreport.com/articles/1245280-is-hockey-in-danger-of-losing-its-heart-and-soul-by-policing-hard-hits . Articles fouillés, positions bien arrêtées mais jamais empreintes de radicalisme, bref, un blogueur à suivre.

Nous aimerions revenir sur son texte d’hier dans lequel Urtz Jr en appelait à la nécessité que les joueurs puissent revenir à l’époque où ils se poliçaient eux-mêmes; un retour à la loi de la rétribution en quelque sorte. Il écrit :

« Dirty hits will unfortunately always remain a part of the game because some players will never learn, but if enforcers had free reign to step into a fight after their teammate got laid out in a dirty fashion, more players would think twice about taking cheap shots and the league would be allowed to loosen their stranglehold on policing hard hits »

Ouf! Voilà l’argumentaire classique de ceux qui espèrent toujours en revenir à l’époque glorieuse des Semenko, des Probert, des Domi. Cette époque où, sur le bout du banc, un matamore veillait au grain, toujours prêt à venir à la défense de ses coéquipiers, à coup de poings et de commotions cérébrales. A-t-on déjà oublié les histoires déconcertantes des Derek Boogaard de ce monde, ces guerriers qui ont abandonné leur santé mentale sur la patinoire pour faire de la « place » à leurs coéquipiers? https://hockeypurelaine.wordpress.com/tag/derek-boogard/

Malheureusement, la LNH envoie elle-même des signaux contradictoires en réduisant la suspension imposée à un joueur comme Raffi Torres pour son coup assomoir et dangereux à l’endroit de Marian Hossa, joueur étoile des Hawks de Chicago. Un cas typique que la LNH veut éradiquer. Un joueur d’énergie dont le poste dans la ligue tient au fait qu’il doive joueur à la limite de l’acceptable, qui doit « terminer ses mises en échec », mais qui trop souvent, récidiviste qu’il est, n’a su s’arrêter à temps. La suspension était sévère, 25 matchs, le quart à être servi en séries éliminatoires, mais c’est précisément ce qu’il faut pour que le message passe auprès de ce type de joueurs.

 

On pose la question : s’il avait fallu que Torres affronte un John Scott de ce monde et se fasse servir une sévère correction, cela aurait-il été une meilleure façon de décourager le type d’assaut dont il fut l’instigateur? Nous sommes convaincus que de priver un joueur comme Torres d’un quart de son salaire, mais par le fait même fragiliser sa position même dans l’échiquier de son équipe (son absence forçant peut-même son équipe à le remplacer), voilà la SEULE et MEILLEURE façon de s’assurer que les coups vicieux disparaissent de la LNH.

La loi des matamores est dépassée et archaïque; ceux qui l’appuient aideraient grandement leur sport favori en s’en rendant compte le plus rapidement possible. Ce faisant, on évitera des destins tragiques comme ceux de Derek Boogaard.

Olli Jokinen, le joueur le plus surévalué de la LNH? mardi, Juil 3 2012 

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Ouf! Parions que les fans des Jets de Winnipeg n’aimeront pas trop les statistiques que Damina Cox, du Toronto Star, a partagé avec ses quelques 29 000 abonnés Twitter ce matin concernant la signature du joueur de centre Olli Jokinen.

Les Jets ont surpris en consentant 9 millions de dollars sur deux ans à ce joueur productif, il est vrai (61 points l’an dernier), mais qui ne peut cacher les failles suivantes, justement mises de l’avant par Cox :

– Jokinen a joué 1042 matchs de saison régulière mais seulement 6 en séries!!!

-Jokinen montre un cumulatif de – 111 en carrière.

Comme le dit Damian Cox : « It takes comitment to end up with stats like that! »

On peut suivre le colomnist au @damospin !

Une mode? Pourquoi les « gros bonhommes » ont la cote dans la LNH en ce moment… lundi, Juil 2 2012 

Brandon Prust Troy Bodie #20 of the Carolina Hurricanes and Brandon Prust #8 of the New York Rangers fight during the first period at Madison Square Garden on January 5, 2011 in New York City.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que les « gros bonhomme », pour paraphraser Benoit Brunet, ont la cote en cette première journée de l’atonomie de la LNH. Bien sûr, le Canadien de Michel Therrien et de Marc Bergevin ne sera pas en reste cette saison côté robustesse si l’on peut en croire l’embauche le 1er juillet de Brandon Prust, Francis Bouillon et Colby Armstrong.

La mode

L’équipe championne de la Coupe Stanley, par son style, est souvent à la proue d’une tendance que les autres DG de la ligue tenteront d’imiter. Les Ducks d’Anaheim et les Bruins de Boston à la fin des années 2000 par leurs succès avaient été instigateurs d’une philosophie axée sur la robustesse. D’autres DG ont plutôt opté sur le style préconisé par les Red Wings de Détroit, axé sur le mouvement de la rondelle, plus de finesse et un avantage numérique efficace. Longtemps le Canadien de Montréal a fait partie de la seconde façon de penser. Plus maintenant!

Les « Gros bonhommes »

Quand on analyse les signatures de la première journée de l’autonomie dans la LNH cet été, on se rend vite compte que les joueurs robustes n’ont eu aucun mal à trouver preneur. Dans le cas de Prust par exemple, il y a même eu surenchère, ce qui a fait dire à plusieurs analystes, dont François Gagnon sur son twitter, que leCH a surpayer pour retenir ses services.

On ajoutera également les noms de Brian McGrattan, John Scott, Aaron Rome, Darcy Hordichuk, Jordin Tootoo, George Parros, Eric Boulton et Sheldon Brookbank (2,5 M / saison dans son cas!!!) ont tous trouvé preneur.

Que cela annonce-t-il pour l’avenir? Pour le Canadien, cela veut dire que les 3e et 4e trio seront axés sur la robustesse. Cette stratégie s’est montrée plus efficace quand l’équipe qui la préconisait pouvait compter sur deux trios offensifs de premier plan, Est-ce le cas du Canadien de Montréal? On peut en douter.

Dans la LNH en général, cette tendance annonce encore plus de jeu serré (et monotone) car la prolifération de joueurs robustes se fait inévitablement au détriment de joueurs plus talentueux. Mais la LNH est conçue pour le jeu robuste. L’arbitrage change en séries, une hérésie qui discrédite le sport, et force est d’admettre que l’arbitrage plus permissif au niveau de l’accrochage et de la robustesse encourage les équipes à choisir la voie de la congestion du jeu par le truchement de joueurs costauds à qui l’on enseigne des phses de jeu défensif à outrance.

Pour ceux qui préfèrent le jeu axé sur la finesse, le talent et les habiletés techniques dont on se sert pour favoriser un jeu de transition qui impose aux joueurs d’être plus habiles, la meilleure chose qui puisse arriver serait qu’une équipe de ce style gagne la coupe Stanley contre de vulgaires matamores qui prennent parti du fait que la LNH est menée, encore aujourd’hui, par des dinosaures qui s’assurent que le hockey des séries, soit le moment de gloire des « gros bonhommes »…