20120626-125730.jpg

Au cours des derniers jours, les dirigeants de la LNH ont été occupés à distribuer les nombreux trophées qui soulignent l’excellence individuelle et la Coupe Stanley, l’ultime succès d’une équipe de la LNH après la plus difficile épreuve de séries éliminatoires, tous sports confondus.

Gary Bettman et Bill Daly ont éviter de se prononcer officiellement sur la fin de l’entente contractuelle entre les joueurs et les propriétaires et les négociations à venir. À ce mutisme de la LNH, l’AJLNH a répondu par la bouche de son directeur, Donald Fehr. Ce dernier a d’ailleurs accordé une entrevue intéressante au New-York Times au sein de laquelle les amateurs de la LNH peuvent apprendre que l’ancien manitou de l’association des joueurs du baseball majeur entend bien ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Ligne dure et ouverture?

Donald Fehr annonce d’emblée que les joueurs se battront pour conserver leurs acquis, soit 57% des revenus générés par la LNH (selon l’entente qui vient de prendre fin) mais du même coup informe John Wawrow, le journaliste qui signe l’article, qu’il est tout à fait possible de négocier, même durement, et de ne pas mettre en péril la saison prochaine:

« There’s nothing magic about Sept. 15. The law is that if you don’t have a new agreement, and as long as both sides are willing to keep negotiating, you can continue to play under the terms of the old one until you reach an agreement, »

Ainsi les joueurs seraient prêts à reconduire la prochaine saison selon les termes de l’ancienne entente. Le hic c’est que la majeure partie des propriétaires ont déjà ballayé cette option en se conformant à l’article de l’entente qui prévoyait qu’on donne le délais de 90 jours avant son expiration à l’association des joueurs pour s’assurer que le 15 septembre venu, elle ne s’applique plus. Et Fehr le sait très bien. Son offre de jouer tout en négociant n’a pour seul but de faire porter l’odieux d’un arrêt de travail aux propriétaires seulement, car lors du dernier lock-out, les joueurs ont été sévèrement blâmés, perçus trop souvent comme des millionaires blasés.

Par rapport à la direction que devrait prendre les négociations, Fehr ne cache pas du tout son jeu!

« From our standpoint, the starting place is the players made enormous concessions the last time around, » Fehr said. « The second item that comes to mind is the game generates a lot more revenue than it did before. And you put those two things together, it ought to point you in the direction as to where this negotiation should go »

Nous écrivions la semaine dernière que l’association des joueurs mettaient en doute les états financiers de certains propriétaires qui disent perdre de l’argent (20 sur 30 selon Forbes) justement compte tenu que la ligue génère plus de 40% de revenus que lors du dernier lock-out.

Voilà le noeud du problème. Si en effet, les proprios sont dans un si mauvais pas financier, il y aura lock-out à moins que les joueurs n’acceptent de réduire ce chiffre névralgique de 57%. C’est aussi simple que ça.

Nordiques et jeux olympiques

Les revenus seront au centre des négociations mais ont ne doit pas oublier les éléments suivants : d’abord la relocalisation possible d’équipes en difficulté. Dans le cas des Coyotes de Phoenix, tout le monde sait très bien que les revenus générés par la vente de l’équipe seraient plus importants si elle était vendue à PKP plutôt que « louée » à Greg Jamison! Pour les joueurs, ces gains potentiels seront évoqués comme source de financement tassés par les propriétaires et le commissaire. L’association des joueurs reprendra aussi sa proposition d’élargir sa base de cotisants (!) en appuyant une expension de la ligue de deux équipes pour une LNH à 32 équipes. À cela, bien des amateurs voudraient répondre que le produit est déjà assez dilué comme ça!

Pour les joueurs, l’important cependant est que la ligue trouve des investisseurs-propriétaires solides afin que les conditions de travail pour ceux qui foulent la patinoire soient optimales. Même si les conditions de vie semblent plus accueillantes dans le désert de l’Arizona que dans l’hiver Québécois, la plupart des joueurs préféreraient jouer pour un proprio dévoué et prêt à investir dans les succès de l’équipe.

Le second élément d’importance, c’est la divergence d’opinion concernant la position « olympique ». Gary Bettman continue de penser que la LNH ne tire que des désavantages à la participation des joueurs au rendez-vous olympique, surtout par rapport à la pause qu’elle impose à sa ligue. Les joueurs, eux, notamment une large proportion des européens de la ligue, tiennent mordicus à représenter leur pays. Pour les prochains jeux de Sochi, en Russie, la super étoile Ovechkin a déjà laissé savoir qu’il déserterait les Capitals pour représenter son pays alors que les Jeux se tiennent chez lui.

À suivre…

L’article du NY Times ici : http://www.nytimes.com/aponline/2012/06/25/sports/hockey/ap-hkn-nhl-labor.html?pagewanted=1&ref=sports