20120619-081706.jpg

En dépit du fait qu’un doute plane sur le début de la prochaine saison à cause des négociations à venir entre la LNH et ses joueurs, la vie continue et les équipes de la LNH procèdent à des signatures de contrat et à la planification des effectifs en vue de la saison prochaine. Car un jour la saison reprendra! À ce sujet, notons que plusieurs sources rapportent depuis quelques jours à quel point les matchs du début de la saison de hockey, de octobre à décembre, sont sources d’inquiétudes pour les marchés plus fragiles de la LNH.

Dans certains cas, en Caroline, à Nashville ou à Uniondale par exemple, le hockey peine à tirer son épingle du jeu quand il se mesure aux sports majeurs que sont le baseball et la NFL, dans les deux cas, en fin de saison et dans la frénésie des séries. Un conflit qui éliminerait le début de saison est presque salutaire pour certains propriétaires…

Un tabou, les RFA ?

Comme on planifie tout de même la composition de chaque équipe dans la LNH, les DG considèrent plusieurs options afin de dénicher le joueur d’impact, la perle rare, qui manque au succès de la formation. L’option la plus rarement considérée généralement c’est l’offre hostile d’une équipe envers un joueur autonome avec restrictions. Techniquement, rien n’empêche un DG de tenter de « chipper » un jeune talent alléchant de cette catégorie d’une équipe en lui soumettant une offre hostile.

D’ailleurs, en 2007, dans la foulée de la Sainte Colère de Brian Burke, alors DG des Ducks d’Anaheim, qui conspuait son homologue Kevin Lowe des Oilers qui avait soumis une offre hostile au jeune et colosse attaquant des Ducks Dustin Penner, le respecté journaliste d’ESPN Scott Burnside (on peut lire ici : http://sports.espn.go.com/nhl/columns/story?columnist=burnside_scott&id=2958884) prédisait que cette façon de faire pourrait bien devenir la norme à l’avenir. Cinq ans plus tard, on est maintenant en mesure de dire que ce ne fut pas le cas, du moins pas encore.

Pourtant, ce n’est pas la colère à géométrie variable de Brian Burke qui a discipliné, sinon, découragé les DG de la LNH de recourrir plus souvent à cette méthode, c’est plutôt le système de compensation pour l’équipe qui se voit perdre son jeune de talent qui rend la chose rare car plus le joueur de talent coûte cher, plus la compensation est exorbitante.

Des joueurs alléchants, mais à quel prix ?

La liste des joueurs autonomes avec restriction est particulièrement alléchante cet été : Erik Karlsson, Shea Weber, Jamie Benn, Carey Price, Matt Duchene, Evander Kane et Cory Schneider pour ne nommer que ceux-ci. Imaginez un instant la paire de défenseur Karlsson et Weber! On peut bâtir une équipe compétitive, voire championne, avec un tel duo!

Voici maintenant le tableau des compensations en vigueur en fonction des salaires consentis dans une telle offre de contrat hostile :

The criteria for RFA draft pick compensation in 2011-12 is as follows:

  • $1,034,249 annual cap hit or less: No compensation
  • $1,034,249 — $1,567,043: Third-round pick
  • $1,567,043 — $3,134,088: Second-round pick
  • $3,134,088 — $4,701,131: First and third-round pick
  • $4,701,131 — $6,268,175: First, second and third-round pick
  • $6,268,175 — $7,835,219: Two first-round picks, a second and third
  • $7,835,219 and higher: Four first-round picks

Dans le cas de notre paire de défenseur fictive Karlsson – Weber, on peut spéculer sans trop se tromper que ces joueurs se trouveraient dans les deux catégories les plus onéreuses du système de compensation ce qui veut dire qu’une équipe devrait verser hypothétiquement de 6 à 8 choix de première ronde, ou des choix de 2e et 3e ronde selon le salaire consenti. mais il y a plus car encore faut-il que le club ait les choix de première ronde disponibles dans un temps prescrit dans l’entente :

« Clubs owing three (3) draft selections in the same round must have them available in the next four (4) drafts, and so on… » (Mike Colligan, journaliste de Pittsburgh, explique ce système complexe ici : http://thehockeywriters.com/2011-12-nhl-rfa-compensation-rules/)

À la lumière de ces explications, on comprend mieux pourquoi l’avenue des joueurs autonomes avec restrictions est peu commune dans la LNH même si la liste des joueurs qui s’y trouve est très alléchante. Si l’équipe possède les choix de repêchage appropriés, elle doit en plus évaluer l’impact important que comporte le troc d’un joueur d’impact versus trois ou quatre choix de première ronde. D’ailleurs, le cas Penner est un exemple probant des risques inhérents à l’offre hostile quand le joueur convoité ne devient pas la pierre angulaire que le DG avait prévu. Un tel échec fait très mal à l’équipe qui a pris le risque.

Et la question se pose même pour les meilleurs joueurs disponibles. Erik Karlsson pourra-t-il répéter les exploits de cette saison de façon constante?

Pour ceux que la question des RFA intéresse, nous proposons l’article de Jay Adams dans le magazine Cave : http://www.cavemag.com/almost-famous-the-drama-of-restricted-free-agents/

Une lecture très intéressante qui porte à réfléchir…