Si une phrase devait résumer le noeud gordien qu’est en train de devenir la question de la prochaine convention collective de la LNH, c’est Scott Reid du Orange County Register du sud de la Californie qui l’a écrite :

« The fact Bettman and his Napoleon complex will sit across the negotiating table from NHLPA executive director Donald Fehr, a man whose own ego is as vast as the Canadian prairie, isn’t exactly a source of optimism… »

Bettman et son complexe de Napoléon et l’égo de Donald Fehr, grand comme les Prairies canadiennes… La table est mise pour un affrontement qui nuirait assurément à tous les partis.

L’intérêt de l’article de Scott Reid réside notamment dans le parallèle qu’il fait avec la situation dans laquelle le hockey se trouvait au lendemain de la conquête de la Coupe Stanley par les Rangers en 1994. Il est bon de se souvenir de la une du Sports Illustrated de l’époque : « Why the NHL’s Hot and the NBA’s Not » !

La saison suivante a été amputée de la moitié à cause d’un lock-out et dix ans plus tard, en 2004, même scénario, mais cette fois c’est une saison complète que l’on sacrifie sur l’autel des négociations désastreuses entre proprios et joueurs. D’ailleurs, les vétérans de la LNH qui ont connu le conflit de 2004 et qui jouent encore aujourd’hui et ceux qui sont restés dans l’entourage de la ligue dans des postes avec l’association des joueurs par exemple ne se cachent pas pour dire qu’ils l’on encore sur le coeur cette négociation, une large part de ressentiment qui n’aidera en rien les négociations à venir…

Nous sommes de ceux qui croient fermement que la LNH aurait beaucoup de difficulté à se relever d’un autre arrêt de travail.

Le point de départ

Selon Scott Reid, les plus militants et radicaux des proprios ont un chiffre en tête quand vient le temps d’évoquer les négociations à venir : 50% et ce chiffre serait non-négociable pour près de la moitié des propriétaires de club de la LNH. C’est à dire que les joueurs, qui touchent présentement 57 % des revenus générés par la ligue devront accepter une diminution de ce montant à 50%, ce qui les rapprocherait à la part qu’ont accepté les joueurs de la NBA et de la NFL.

Et pour justifier ce chiffre, Bettman s’appuiera sur les quelques 2/3 des concessions qui ont perdu de l’argent l’an passé selon le magazine Forbe’s, des états financiers que les joueurs contestent depuis longtemps… Mais Bettman est obsédé par l’implantation du hockey dans le Sun Belt. Toujours selon Reid, qui on le rappelle écrit du sud des États-Unis, cette stratégie est une erreur :

« the commissioner has been preoccupied with other matters, including his personal obsession with keeping a franchise in Arizona, with his misguided notion that keeping a team afloat in a suburban Phoenix strip mall is somehow vital to the NHL’s future.

Then again, Bettman has always been more focused on the American Sun Belt than the game’s roots and past, which leaves the NHL all the more likely to repeat its mistakes as it heads into another uncertain offseason. »

L’arrivée de Fehr n’augure donc rien de bon car bien des acteurs sont les mêmes que lors de 2004 et force est d’admettre qu’un lock out est de plus en plus plausible…

L’article de Reid ici : http://www.ocregister.com/articles/nhl-358170-bettman-season.html