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Le très sérieux Bloomberg, publication économique et sociale, porte son attention ce matin sur la finale qui s’amorce ce soir dans la LNH, non pas pour faire des prédictions sur l’issue de la série, mais bien pour informer son lectorat de ce qui pourrait attendre la LNH une fois que la finale sera terminée et que la Coupe Stanley aura été remise au capitaine de l’équipe victorieuse.

Le journaliste Eben Novy-Williams amorce son article par une mise en garde :

« A Stanley Cup championship won’t necessarily keep the New Jersey Devils or the Los Angeles Kings from losing money, and the winner may have to wait a while to defend its title. »

L’étude des projections financières des deux équipes finalistes est assez glauque. En dépit de quatre rondes des séries, et des revenus ainsi générés, les Devils et les Kings sont loin d’être des équipes très rentables. Qui plus est, ces deux équipes sont mieux d’engranger ces revenus car un conflit entre les joueurs et les proprios se dessine selon le Bloomberg.

Les problèmes financiers des Devils étaient d’ailleurs bien connus. La LNH a dû éponger une dette de 80 millions en septembre dernier en plus de consentir un prêt de 10 millions aux proprios des Devils afin que ceux-ci veillent aux opérations financières courantes. La situation a atteint une telle ampleur pour Jeff Vanderbeek, l’homme à la tête du holding qui détient les Devils, que certains analystes financiers spécialistes de la vente et de l’achat de franchises sportives, comme Rob Tilliss de Inner Circle Sports, pensent que les récents succès des Devils pourraient représenter le moment idéal pour que les créanciers du club, dont la banque Lehman Brothers, forcent la main de Vanderbeek pour qu’il soit obliger de se départir du club pendant que sa valeur est au plus haut et qu’il rembourse ses dettes.

On entend déjà les amateurs de Québec porter leur attention sur les Devils du New-Jersey comme prochaine équipe financièrement moribonde afin de les attirer vers le vétuste Colisée…

Mais le cas des Devils n’est pas unique; selon le réputé magazine Forbes, 18 des 30 équipes de la LNH ont perdu de l’argent la saison dernière. Même les Kings sont réputés avoir perdu 2 millions de dollars cette saison et celà même si le club joue la plupart de ses matchs à raison d’un poucentage d’occupation d’au delà de 90%. Cette situation intenable du point de vue des propriétaires de la ligue est d’ailleurs à la base des récriminations qu’ils amèneront à la table des négociations en septembre prochain.

Du point de vue des joueurs cependant, on conteste la crédibilité des chiffres et de la méthode comptable de certains propriétaires qui disent perdre de l’argent. Nous avons déjà traité ici du nouveau directeur de l’Association des joueurs de la LNH, Donald Fehr et de ses succès en négociations avec le Baseball majeur. On peut déjà lire et entendre son message clé, celui qu’il répétera aux 700 joueurs de son association : « Vous avez droit d’être traité avec respect et équité! »

En sous-texte, Donald Fehr note toujours que les revenus de la ligue croissent et que la part des joueurs doit refléter cet état de fait. Des positions diamétralement opposées entre joueurs et propriétaires qui n’augurent rien de bon.

L’article du Bloomberg ici : http://www.bloomberg.com/news/2012-05-30/nhl-labor-standoff-looms-as-devils-face-kings-for-stanley-cup.html