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Comme dans tout enégociation d’ententes de travail ou de contrats qui lient différents partis, il y a des dates à respecter qui sont très significatives. La semaine dernière, la LNH et le bureau des Gouverneurs (le conseil des trente propriétaires d’équipe et le commissaire Bettman) ont respecté la date limite de 120 jours de délais de carence afin de signifier OFFICIELLEMENT à l’association des joueurs que l’entente contractuelle de travail qui a cours présentement ne serait PAS reconduite automatiquement pour une année, ce qui aurait été le cas si le délais avait passé.

C’est très significatif car dans les faits, c’est le premier pas afin que le conseil des Gouverneurs et la LNH puisse mettre les joueurs en lock-out le 15 septembre prochain.

Cela ne veut pas dire que la LNH décrètera un lock-out à la première occasion, une chose est certaine cependant, l’entente de travail qui existe en ce moment et jusqu’au 15 septembre est, elle, condamnée à être renégociée.

Des pertes assurées pour les joueurs

Stu Hackel et Jeff Klein dans un article du Montreal Gazette paru hier font remarquer avec justesse que les joueurs de la LNH auront beaucoup de difficulté à parapher une entente aussi généreuse pour eux que ne l’est l’entente actuelle. Concrètement, l’entente actuelle signée en 2004 laissait aux joueurs de la LNH 57% des revenus ce qui, à l’époque où elle avait été signée, représentait l’équivalent des revenus que la NBA (57,6%) et la NFL (59,6%) veraient à leur association de joueurs.

Les négociations dans ces deux circuits ont été difficiles pour les joueurs qui ont dû accepter de larges diminutions de leurs parts en pourcentage des revenus générés par leurs circuit respectif :

NBA 57,6 % →→→→→→ 50 % en 2011

NFL 59,6 % →→→→→→ 49 % en 2011

On peut déjà anticiper une rude bataille entre les joueurs et les propriétaires compte tenu que du côté des joueurs, la ligne directrice semble être que les concessions faites de 24% des salaires et de l’instauration d’un plafond salarial faites en 2004 sont déjà au delà de ce que tout autre circuit professionnel majeur a réussi à obtenir de ses joueurs. D’ailleurs, Steve Fehr (le frère du directeur général de l’association des joueurs Donald Fehr) qui agit à titre de conseiller spécial aux joueurs a admis au journal Sports Business daly la semaine dernière que les joueurs n’étaient pas enclin à concéder davantage.

Entre 2004 et 2012, les revenus générés par la LNH sont passés de 2.1 à 3.2 milliards et chaque point de pourcentage que les joueurs consentiront à verser aux propriétaires vaut entre 30 et 40 millions de dollars! C’est une question de gros, gros sous. Pour illustrer plus concrètement cet enjeu, admettons qu’on coupe la poire en deux et que les joueurs accepteraient de diminuer leur part de revenu à 53,5 %. En fonction des revenus actuels, cela voudrait dire que la LNH récupérerait dès la première année d’une nouvelle entente l’ensemble de toutes les dépenses encourues par la tutelle des Coyotes de Phoenix depuis 2009! Pour les autrs proprios, cela équivaudrait à se voir remettre l’ensemble de la péréquation qu,ils ont versé à la LNH pour garder le marché de Phoenix en vie.

Mais avant de parler de lock-out, on doit espérer que la voie de la raison sera celle qui prévalera lors de ces négociations. Les gains que la LNH a fait dans certains marchés non-traditionnels de hockey sont très fragiles. Au cours des séries actuelles, la LNH a élargi son Fanbase à Phoenix et à Nashville notamment par des cotes d’écoute locales très encourageantes. Assurément, l’absence de hockey ne serait-ce que pour une courte période de temps et le retour à une couverture de presse négative axée sur la division entre les proprios et les joueurs suffiraient à anéantir de longues années de travail afin de fidéliser cette clientèle fragile et inestimable au plan Bettman du hockey dans le sud des États-Unis.

Pour les joueurs également, la présence des ces équipes au sein de villes dynamiques du sud du continent représentent des avenues intéressantes. N’allez pas croire un instant que l’on rechigne à aller installer sa famille à Tampa Bay, à Phoenix ou à Nashville plutôt qu’à Winnipeg, à Québec ou à Seattle…

Un lock-out est-il inévitable? Nous croyons que non, à condition que la négociation ne dégénère pas, comme en 2004, en un combat de coq entre quelques joueurs dont l’inimnitié envers Gary Bettman est notoire et une ligue qui se rebiffe à défendre son commissaire…

L’article du Montreal Gazette ici : http://www.montrealgazette.com/business/lockout+looms+after+final/6655409/story.html