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Le commissaire de la LNH Gary Bettman vit présentement l’âge d’or de sa carrière en tant que grand manitou du hockey professionnel nord-américain. Tête de turc de l’association des joueurs pendant longtemps – Chris Chelios notamment, très impliqué dans l’association le détestait souverainement – Call me Gary serait-il en train de gagner son pari en imposant sa vision du développement du sport?

Croissance des revenus

Le rôle du commissaire est de s’assurer que le sport se porte bien financièrement et que les revenus croissent pour les investisseurs que sont les propriétaires de clubs de la LNH. Quand on analyse la provenance des revenus (télévision, assistance, marketing, investissement corporatif, publicité et retombées économiques corolaires), il est assez évident que le marché canadien est saturé. Le hockey y jouit d’une popularité inégalée, les amphithéâtres sont pleins, il y a couverture médiatique mur à mur dans une multiplicité de plate-forme. Le potentiel de croissance de revenus existe, mais il est limité. Chaque nouveau marché potentiel pour établir une franchise de la LNH (ou y en déménager une) est déjà couvert par l’intérêt du circuit. Si on déménageait une nouvelle équipe à Toronto, à Québec, ce ne sont pas des milliers de nouveaux fans que l’on convertirait à la LNH, le hockey y est déjà bien présent.

Le véritable potentiel de croissance de la LNH, et ça même les propriétaires des équipes canadiennes le savent, on le trouve dans la pénétration des marchés existants qui ne sont pas pleinement exploités. En ça, le pari risqué de Gary Bettman en encourageant et en maintenant en vie à perte certains marchés non-traditionnels semble fonctionner. La série qui opposait les Predateurs de Nashville et les Coyotes de Phoenix était la consécration de la stratégie d’implantation de franchises dans ces marchés à développer. L’intérêt suscité par la série a dépassé toute la couverture de la LNH dans ces deux villes depuis leur arrivée dans le sud des États-Unis; Steve Lepore de Puck the Media faisait remarquer la semaine dernière que les matchs de cette série on défoncer le million de téléspectateur au réseau américain NBCSN.

Implications pour Québec?

La façon dont les choses se sont déroulées en séries cette saison représente un difficile constat pour les gens de Québec, notamment ceux qui travaillent dans l’ombre pour s’assurer que le dossier de relocalisation demeure actuel et que la candidature de Québec soit toujours sur le dessus de la pile.

Imaginez un instant l’élimination rapide des Preds et des Coyotes, pas de Buzz, pas de WhiteOut en Arizona… La dynamique serait bien différente en Arizona. Mardi dernier quand le conseil de ville de Glendale se réunissait, les Coyotes de Phoenix mettait en vente les billets pour la 3e ronde des séries et les journaux de la ville et les nouvelles sportives locales à la télévision étaient tapissé de la couverture des Yotes… Bettman pouvait bien pavoiser…

Dans ce contexte, les dossiers de relocalisation sont donc repoussés derrière d’autres dossiers plus importants : la négociation de la nouvelle convention collective et la consolidation de transfert de propriété de certaines franchises plus fragiles. Le dossier des Blues de St-Louis vient d’être réglé et maintenant Bettman se tourne vers les Islanders de New-York pour tenter d’aider Charles Wong à obtenir soit une façon de construire un nouvel amphithéâtre à Long Island, soit à un transfert verts Brooklyn. Chose certaine, la LNH quitte cette dynamique de gestion à la semaine des risques de déménagement d’une de ses franchises américaines au profit d’un marché canadien déjà conquis.

Une finale de rêve?

On fait beaucoup de cas de la finale de rêve possible dans la LNH entre Los Angeles et les Rangers… Certes, cela ferait bien plaisir, notamment, aux télédiffuseurs américains. Mais n’allez pas croire un instant que Bettman ne serait pas aussi entiché de voir les Coyotes en finale. Dans le conflit qui l’oppose à l’institut Goldwater, les revenus générés par quatre rondes des séries par les Coyotes seraient un argument canon pour battre en brêche l’austérité prônée par la très conservatrice organisation de défense des consommateurs et payeurs de taxes.

On peut lire le Globe and Mail sur la question : http://www.theglobeandmail.com/sports/is-bettman-peaking-at-the-right-time/article2431366/