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Les amateurs de hockey devraient porter attention au tapage médiatique énorme qu’a causé le suicide d’un des demi-défensifs les plus craints de son époque, le très populaire Junior Seau. Au Québec, cette nouvelle n’a pas eu la résonnance qu’elle aurait eue toute autre journée compte tenu de l’éclipse médiatique causée par l’embauche de Marc Bergevin par les Canadiens de Montréal.

Débutons en rappelant un article que nous avions publié sur l’incidence des coups à la tête et leur lien avec les différents types de maladies dégénératives inspiré par The New Yorker : https://hockeypurelaine.wordpress.com/tag/derek-boogard/ . Nous commentions à ce moment là le suicide apparent de Derek Boogard, un dur à cuire du Wild du Minnesota, disparu prématurément dans la vingtaine. L’article du New Yorker tissait le lien entre la culture de la violence dans le football professionnel (le cas des Saints de la Nouvelle-Orléans) et son équivalent dans le hockey.

Savoir écouter la science

Dès l’annonce du décès de Junior Seau, les communautés sportive et médicale ont fait le lien avec le dossier des commotions cérébrales et des maladies dégénératives et mentales qui en découlent. Des procès hyper-médiatisés occupent l’attention des bonzes de différents circuits sportifs où les contacts physiques sont inhérents au sport : le football, la boxe, le hockey et le rugby notamment.

Aux États-Unis le mois dernier, le suicide médiatisé de Ray Easterling, ailier défensif des Falcon’s d’Atlanta dans les années 70 a beaucoup fait jaser. Easterling était le plaignant principal du premier recours collectif d’anciens joueurs de la NFL contre le circuit. Ce recours collectif a été suivi par un autre tout autant médiatisé par la succession de Dave Duerson, ancien ailier défensif des Bears de Chicago, lui aussi s’étant suicidé l’an dernier. Fait à noter, dans chacun des cas dont il est question ici, les suicides se sont produits de la même façon pour ces ex de la NFL, arme à feu.

Dave Duerson, conscient que le mal qui l’affligeait pouvait avoir un lien avec la carrière de sportif qu’il avait choisi, avait annoncé à sa famille qu’il souhaitait que l’on récupère son cerveau afin qu’il soit étudié après son décès. En ça il s’est ajouté à d’autres anciens joueurs de la NFL qui ont fait de même : Mike Webster, Terry et Justin Strzelczyk des Steelers de Pittsburgh, Andre Waters des Eagles de Philadelphia et Chris Henry des Bengals de Cincinnati. dans chaque cas, l’équipe du neurochirurgien et scientifique Julian Bailes ont fait avancer leurs recherches concernant l’encéphalopathie chronique et ses manifestations comme la dépression chronique, l’Alzeimer et la démence.

La pratique d’un sport de contact n’est pas sans risque mais de plus en plus, les dirigeants des circuits concernés essaient d’arrimer les règlements du sport en fonction de la protection des athlètes, notamment en ce qui concerne les coups à la tête. La NFL a pris la chose très au sérieux et s’est engagée sans conteste à protéger ses joueurs; ce que la LNH ne semble pas vouloir faire, du moins pas avec toute la rigueur que commanderait une telle initiative.

Pourtant, on ne doute pas un instant que les travaux du docteur Bailes et d’autres neurochirurgiens sont bien connus par les Bettman et compagnie. La LNH n’est pas absoute de telles poursuites, comme celles qui ont cours en ce moment dans la NFL. Les folleries que l’on a vues dans la première partie de la ronde initiale des séries cette saison montre bien que la violence est un facteur d’intérêts pour la LNH, notamment quand il s’agit de vendre le sport aux États-Unis. Tant que ce sera le cas et que les revenus continueront de croître, le commissaire demeurera coi devant les doléances de la communauté médico-scientifique concernant les coups à la tête.

Lien vers les travaux du Dr Bailes : http://www.braininjuryresearchinstitute.org/our-research/

Article du USA Today sur la question ce matin : http://content.usatoday.com/communities/thehuddle/post/2012/05/neurosurgeon-junior-seaus-death-fuels-concussion-concerns/1