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Vous nous excuserez cette petite incartade dans le monde politico-sportif de la F1… Il est de ces articles qu’il faut absolument présenter!

C’est Philippe Cantin de La Presse qui mentionnait dans sa chronique C’est lundi, on jase… cet article de Robert Fisk, spécialiste de la politique internationale, plus spécifiquement du Moyen-Orient, pour le journal britannique The Independent. Un des journalistes les plus respectés de la planète dans sa sphère avec Nick Krystof du New-York Times.

Le fait que l’on tienne un grand prix dans la principauté de Bahrein dépasse les cadres normaux de la sphère sportive. D’ailleurs, le grand manitou de la F1 Bernie Ecclestone n’hésite pas à s’imiscer dans les affaires socio-politiques des pays qu’il courtise afin d’y vendre les droits de ses courses. Les gens de Montréal ont goûté à la médecine de Tonton Bernie…

L’an dernier, le grand prix du Bahrein a dû être annulé compte tenu des événements liés aux luttes d’émancipation du printemps arabe. Dans de multiples pays de cette région où la population se bat pour les plus élémentaires droits de représentation démocratique, l’opulence et le faste du cirque de la F1 exacerbe les tensions entre une caste de possédants qui se payent un grand prix et la population que l’on réprime dans la violence et le déni de représentation. Ne soyons pas dupes, c’est par le contrôle policier et de l’armée que l’on a pu tenir à distance la population du Bahrein et présenter des images asceptisées du grand prix.

Robert Fisk se demande pourquoi les pilotes acceptent de participer à cette grande masquarade :

« what if Bahrain was oppressing a Jewish rather than a Muslim Shia community demanding democracy? Messrs Button and Hamilton and Ecclestone – not to mention the clueless Vettel – would be shouting their refusal to participate from the rooftops »

Car ce qui a offusqué bien des observateurs de la F1, on a entendu Tortora sur la question, mais aussi du sport et de la politique aussi, c’est quer les pilotes ont cette capacité de se regrouper pour dénoncer des situations qu’ils jugent inacceptables. Ils le font régulièrement pour dénoncer des conditions de pistes qu’ils jugent non-sécuritaires, mais ils le font aussi parfois pour protester contre la façon de faire des autorités de la F1. Beaucoup de pilotes ont dénoncé la façon de faire de Ecclestone dans le dossier du grand prix de Montréal, l’un des plus populaires du circuit, que l’on voulait sauver à l’époque. Même chose pour Spa-Francorchamps quand Ecclestone a remis en question le grand prix de la Belgique.

Mais surtout, ce que note Robert Fisk, c’est que les jours où les populaires figures sportives pouvaient se dissocier des grandes questions sociales qui nous touchent tous sont révolus :

« The days have gone when sportsmen and sportswomen can dissociate themselves from the moral values in which we claim to believe in the 21st century. If they want to behave like the sporting clods of 50 years ago, they should be forced to drive round the Bahrain circuit in Alfa Romeo 6Cs, Triumph Roadsters and Crosley Hotshots. Cars of the past for men of the past. »

Robert Fisk ici : http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fisk-this-is-politics-not-sport-if-drivers-cant-see-that-they-are-the-pits-7665994.html