Chronologie d’un conflit; l’héritage désastreux de Gary Bettman Mercredi, nov 14 2012 

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Chronologie d’un conflit : les liens entre le politique et la gestion de la LNH

En général, au Québec du moins, le milieu du hockey est loin d’avoir été animé par les gens les plus progressistes. Historiquement, les hockeyeurs et administrateurs québécois ont plutôt été discrets politiquement, sinon plutôt associés au parti Libéral, comme Serge Savard par exemple. Soucieux de ne pas s’imiscer dans la question politique toujours chargée au Québec, la plupart des acteurs du hockey professionnel sont donc demeurés plutôt réservés sur ces questions. En ce sens, la couleur politique du gouvernement en place au Québec n’a pas influé de façon significative la conduite des opérations de la LNH moderne.

Cependant, le hockey professionnel moderne, nous entendons surtout sous le règne de Bettman, n’est pas exempt d’opérer dans un environnement économique où les gouvernements sont présents. Parfois en subventionnant les édifices, par l’accomodation de la taxation, etc. Les gens de Québec se rappellent des chassés-croisés entre Marcel Aubut, l’ex maire de Québec Jean-Paul L’Allier et le gouvernement du Québec de l’époque dirigé par l’un des plus brillants économistes de son époque, Jacques Parizeau. (voir : http://www.rds.ca/hockey/chroniques/179443.html)

On se souviendra que le milieu et la fin des années 90 furent marquées par l’atteinte à tout prix du déficit zéro, une période cyclique, comme celle que nous vivons présentement d’ailleurs, où l’économie se contracte et où l’austérité l’emporte sur les dépenses folles. C’est dans ce contexte que Québec a dû se résoudre à perdre ses Nordiques et où la LNH a vécu le premier conflit de travail sous Bettman. Le gouvernement de Parizeau avait offert jusqu’à 17 millions à l’époque en échange de quoi les Nordiques auraient eu à s’engager à contrôler les coûts en salaires. Cela viendra plus tard… pas assez vite pour sauver les Nordiques malheureusement. Dans les circonstances, le PM Parizeau aurait espéré que le privé aide à sauver les Nordiques, le gouvernement ne pouvant tout faire seul en période austère.

Les Nordiques ont quitté vers le Colorado, les Jets les imiteront en quittant vers Phoenix. La LNH de Bettman serait résolument Américaine et tous les grands marchés devront être représentés, même si certains n’avaient absolument aucune tradition de hockey. La transposition d’un positionnement géographique imitant des sports "naturels" comme le baseball ou le football n’a jamais inquiété Bettman qui l’a imposé aux propriétaires en promettant une croissance inespérée.

La croissance est venue… du Canada. Les marchés américains non-traditionnels ont péréclité avec le temps, les proprios ont réagi en accordant leur confiance à Bettman pour imposer un contrôle des côuts. Une saison et demie de perdue plus tard, rien n’est réglé et le club sélect des propriétaires d’équipes de la LNH est devant la perspective de devoir annuler une autre saison.

Le gros problème c’est que la croissance des revenus de la LNH aux États-Unis est faible, quand on ne parle pas des déficits opérationnels de plus d’une douzaine d’équipes. Les équipes canadiennes profitent de l’hégémonie du hockey sur la scène sportive pour récolter 40% de tous les revenus de la LNH, le tout à 7 équipes.

Dans ce contexte, on se retrouve devant une situation inique où les clubs canadiens participent proportionnelement à une part indue des revenus de la ligue mais sont minorisés au sein du cercle des proprios. La ligne dure prônée par Bettman cet automne est le fruit d’un appui de moins d’une dizaine de propriétaires plus "radicaux" dont on doute qu’aucun ne soit Canadien. Les statuts de représentation de la LNH permettent à Bettman de présenter une position officielle de la LNH fort de l’appui de seulement 8 propriétaires pour qu’elle soit valide. Certaines équipes qui ont déjà connues de meilleurs jours, Colorado et Dallas par exemple, font partie de ce groupe, tout comme des marchés moribonds comme Long Island, Colombus et Nashville. Pire encore, la LNH devient juge et partie en tant que proprio des Coyotes…

Ce rapport de force tronqué permettra à Bettman d’imposer la ligne dure à l’ensemble des propriétaires et de négocier le couteau à la gorge des joueurs. Rien pour améliorer une relation déjà acrimonieuse entre le Commissaire et l’AJLNH.

Dans les faits, la LNH n’a jamais vraiment connu la stabilité sous le règne Bettman. D’abord car il n’a jamais réussi à gagner la confiance des joueurs; pire, avec le temps, il s’est attiré leur mépris. Si ce conflit se règle un jour, il ne faudrait pas se surprendre qu’un jour, un capitaine vainqueur de la Coupe Stanley refuse de recevoir le plus noble trophée du sport professionnel Nord-Américain des mains de celui qui l’aura traîné dans la boue.

P.S. : la LNH et l’AJLNH se sont adjoints les services de grandes firmes de Lobbyistes afin de les représenter auprès des parlementaires canadiens comme le veut la loi. Les joueurs supposément en vue de représentations sur les lois fiscales, la LNH pour protester contre la nouvelle loi sur les paris sportifs (Bill C-290). Ne soyons pas dupes, la négociation en cours se rendra jusqu’aux parlementaires canadiens.

Voir : http://www.ipolitics.ca/2012/11/14/with-canadas-game-on-ice-the-nhl-warms-to-the-hill/

La véritable guerre n’est pas entre joueurs et propriétaires… Une lutte des classes?! Vendredi, juil 20 2012 

 

Nous l’écrivions plus tôt cette semaine, les acheteurs potentiels d’une franchise de la LNH, comme Québec, peuvent se compter chanceux de ne pas avoir été lancés dans la bataille qui s’annonce féroce entre proprios et joueurs du circuit Bettman.

À la lumière des premières rencontres de négociations entre l’association des joueurs de la LNH et les représentants des propriétaires, on doit maintenant ajouter que les gens de Québec évitent aussi d’avoir à participer à une guerre fratricide entre les proprios eux-mêmes! Car la prochaine négociation d’une entente collective lèvera le voile sur un problème important qui mine la LNH depuis des années, la division qui existe dans la façon de mener la LNH entre le groupe de propriétaires.

Un article intéressant de Ryan Kennedy du Hockey News (http://sports.yahoo.com/news/cba-war-between-owners-153800694–nhl.html)propose justement une lecture différente des négociations en cours; selon lui, le plus gros défi que devra affronter Gary Bettman est la division qui règne entre les proprios eux-mêmes. D’ailleurs, le cas Shea Weber illustre à merveille à quel point la fissure est grande dans la LNH entre les "riches" et les "pauvres".

Le journaliste fait part des réflexions d’un ancien "executive" (DG, Président?) de la LNH, un insider quoi, qui offre une perspective de comment on voit la chose de l’intérieur de ce cercle très restreint :

"To be sure, there are franchises losing money. For me, I’ve never denied that – I just don’t really care. My philosophy has always been that people buy hockey teams for reasons other than profit. These are largely multi-millionaires and billionaires who were really good at something else – oil and gas, big pharma, media – and used their corporate genius to buy a fun toy. But obviously they don’t see it that way.

“At some point you have that moment in the shower where you say, ‘why am I spending (i.e. losing) $25 million to be a hockey fan?’” the ex-exec said. “Plus, you’re competitive. This is a group of people who aren’t used to defeat."

La réalité c’est qu’il est de plus en plus difficile de trouver des magnats financiers prêts à se lancer dans l’aventure du hockey professionnel; surtout dans les marchés américains moins traditionnels. S’il est vrai que les revenus de la ligue croissent, cela ne bénéficie pas à l’ensemble des équipes. La structure économique actuelle force des proprios à dépenser plus qu’ils ne le voudraient compte tenu de la stricte limite imposée par la LNH entre le plancher et le plafond salarial. On voulait ainsi favoriser la parité dans la ligue mais cet objectif n’a jamais été atteint, si ce n’est, parfois, que par un nivellement vers le bas, dans le cas où une division de la LNH est dans l’ensemble très faible, comme la Sud-Ouest l’an dernier.

La réalité c’est que la fin de l’entente actuelle dans la LNH, et le contrat de Weber en est la preuve, montre à quel point le plafond salarial n’a pas freiné la spirale inflationniste des salaires et les proprios qui ont tant poussé pour l’instauration du plafond salarial en 2005 le font savoir à Gary Bettman. Reste à voir comment le commissaire traitera de contrats comme ceux de Shea Weber dont on sait qu’il violera assurément les termes de la prochaines convention collective. C’est d’ailleurs ce qui explique l’empressement de le faire avaliser maintenant, avant que ne soient définies les prochaines règles qui définiront la longueur et les montants de ce type de contrat.

Un joyeux merdier dont on sait que les acheteurs potentiels d’une équipe de la LNH sont contents de ne pas être contraints d’y participer!

 

 

Saga Coyotes de Phoenix : souvenez-vous de Joe Cobb et Ken Jones… Lundi, juil 16 2012 

Joe Cobb et Ken Jones

 

Une brève pour ce soir, alors que le Québec s’englue dans sa 8e journée de canicule… Une température qui rappelle étrangement le désert d’Arizona!

Mike Sunnucks du Phoenix Sports Business journal rapporte aujourd’hui dans les pages du quotodien de l’Arizona que la ville de Glendale a officiellement rejeté l’initiative des deux citoyens Joe Cobb et Ken Jones, dont on vous avait parlé ici : http://hockeypurelaine.wordpress.com/2012/06/20/de-nouveaux-noms-dans-la-saga-des-coyotes-nordiques/ .

Ces deux citoyens, appuyés notamment par l’Institut Goldwater, tentaient de recueillir un nombre prédéterminé de signatures afin de forcer la ville de Glendale à tenir un référendum concernant l’entente de plus de 300 millions sur 20ans qui la lie à l’acheteur pressenti des Coyotes de Phoenix, Greg Jamison.

Le personnel officiel de la ville prétend que le nombre requis de signatures étaient de 1800 noms et la date limite pour les recueillir, trente jours; ce que contesteront, toujours appuyé par Goldwater, les deux hommes. Direction tribunaux donc.

Voici d’ailleurs le texte qui accompagnait la remise des dites signtures par Cobb et Jones :

"Joe Cobb and Ken Jones, who are citizens of Glendale, Arizona, formally request that you accept our Referendum papers identified as R-12-01.

We request the City of Glendale schedule our Referendum for a public vote at the earliest date possible.

Please note our legal advisers tell us we should be able to turn in our forms any time by July the 15th, 2012. They also tell us that the minimum number of qualified signatures is 10% of the number of people who voted in 2010.

We believe both the date and number of needed signatures are correct, and we were not able to start anything with the referendum until after Judge Fink validated our request to circulate the forms for signatures. Therefore, we request the city to accept these conclusions and give the citizens of our city a public vote without further delay.

Signed:

Ken Jones

Joe Cobb"

Financement complété par Jamison?

Notons également que Sunnucks publiait le 12 juillet dernier un autre article au sein duquel il annonçait que Greg Jamison avait maintenant l’argent nécessaire à l’achat des Coyotes : http://www.bizjournals.com/phoenix/news/2012/07/12/jamison-group-has-money-for-phoenix.html?page=2

On notera à la lecture de cet article cependant que Jamison refuse toujours de dévoiler l’identité de ses bailleurs de fond. Bref, un show de boucane pour le conseil de ville de Glendale? Pour éviter l’autre poursuite, plus menaçante celle-là, de l’Institut Goldwater, en vertu d’une loi qui relève de l’État de l’Arizona et qui encadre le type d’entente comme celui des 300 millions…

À suivre…

À lire aussi : http://www.glendalestar.com/news/headlines/article_563cda72-cac7-11e1-9239-0019bb2963f4.html

Décisions métigées au conseil municipal de Glendale… Jeudi, juil 12 2012 

 

Dans son plus récent article (http://www.azcentral.com/community/glendale/articles/2012/07/11/20120711glendale-rejects-attempt-overturn-sales-tax-increase.html), la journaliste du Arizona Republic Lisa Halverstadt rapporte que les avocats de la municipalité ont tenté de faire invalider les différentes initiatives populaires visant à forcer la ville de Glendale de tenir des référendums sur la hausse de taxe visant à renflouer les coffre de la ville afin de payer pour les frais de gestion du Joboom Arena, ainsi que le référendum proposé visant à forcer l’annulation de l’entente entre Glendale et l’acheteur pressenti des Coyotes de Phoenix, Greg Jamison.

Dans l’état actuel des choses, les deux pétition ont été refusées par le conseil de ville, mais comme le mentionne Halverstadt, il pourrait bien y avoir appel au juge pour juger de leur validité.

Certains y voient une victoire pour la LNH et la fin de ces menaces "référendaires"! Attention. Nous y voyons plutôt une forme de répit très temporaire. Pourquoi? Car ces initiatives émanant de citoyens de la ville sont moins menaçantes que l’entreprise judiciaire plus coordonnée menée par le Goldwater Institute. Mais dans les deux cas, les opposants à la dilapidation de fonds publics dans l’aventure de la LNH sont très motivés.

Le journaliste du Phoenix Sports Business Journal Mike Sunnucks explique (http://www.bizjournals.com/phoenix/news/2012/07/11/nhl-moving-ahead-with-phoenix-coyotes.html) :

"The city today disqualified a measure that sought to ask voters to nix a sales tax increase that would help Glendale solve a $35 million budget gap as well as help pay for a 20-year, $300 million arena deal with Jamison’s Coyotes group. The city cited misleading language on the ballot measure and petitions in its action.

Organizers of the sales tax measure could sue the city over the disqualification, campaign chairwoman Connie Wilhelm said Wednesday.

The sales tax increase and the opposition measure are not tied directly to the city’s Coyotes deal. But the increased tax revenue helps Glendale pay for the arena pact."

Ainsi, la bataille se tranposera devant les tribunaux.

Entretemps, Bill Daly a annoncé que la LNH ne se formalisera pas de toutes ces batailles judiciaires et accorderait sa bénédiction à la vente formelle de l’équipe à Jamison. Cependant, le #2 de la LNH n’a pas encore pu dire si l’acheteur avait consolidé son financement. Dans les faits, la LNH accorde un enième délais à Jamison pour qu’il puisse conclure son bilan financier. Le problème demeure entier pour les bailleurs de fonds car les procédures judiciaires qui mettent en attente l’entente de plus de 300 millions entre Glendale et Jamison sont, pour eux, un très grand écueil.

Si on doit comprendre quelque chose à Québec de tout ça c’est que la LNH annonce formellement en se rangeant coûte que coûte derrière cette vente plus que fragile qu’elle ne déménagera pas cette équipe. Le scénario que nous évoquions la semaine dernière se précise. La LNH va casquer l’argent pour maintenir en vie les Coyotes cette saison et procédera vraisemblablement à une expension si elle devait "fermer la shop" à Glendale…

 

 

Perspective très sombres à Phoenix… Vendredi, juil 6 2012 

 

Il s’est écrit beaucoup de choses au cours des derniers jours concernant les Coyotes de Phoenix. Alors que le site de la LNH NHL.com procédait à sa mise à jour habituelle des "rosters" de chaque équipe de la ligue suite aux nombreux changements qui surviennent après le 1er juillet, quelques internautes ont remarqué que la fiche des Coyotes avait disparu pendant quelques minutes. N’en fallait pas plus pour que des rumeurs sur Twitter annoncent la mort des Coyotes… Pourtant, la fiche du Wild de Minnesota a dû prendre plus de temps à mettre à jour!

Une chose est certaine cependant, Gary Bettman et son état major ont lancé la serviette dans le cas de Jamison autour du 3 juillet. Toujours sur Twitter, la journaliste du Arizona Republic Lisa Halverstadt (@LisaHalverstadt) a annoncé à cette date qu’un juge de la cour de Glendale avait accepté d’entendre la cause de payeurs de taxes de cette ville concernant les modalités de différentes initiatives visant à recueillir un nombre requis de signtures afin de forcer la ville à tenir deux référendums distincts qui auront une incidence directe sur la suite des choses pour les Coyotes.

Les deux référendums s’attaquent l’un à l’entente qui force la ville à verser des frais de gestion à Greg Jamison et l’autre au bail qui lie la ville aux Coyotes comme tel. Ce n’est pas la première fois que des citoyens tentent de déposer une pétition pour attaquer le lien entre Glendale et le hockey professionnel. Comme le souligne le journaliste David Shoalts du Globe and Mail ici http://www.theglobeandmail.com/sports/hockey/globe-on-hockey/glendale-petitions-threaten-to-torpedo-coyotes-sale/article4393492/, dans le passé, le conseil de ville n’a pas accepté de telles pétitions quand le nombre requis de signatures n’était pas atteint; d’où la présence de Ken Jones, un des citoyens qui mène la bataille pour tenir ces référendums, devant le juge.

Ce matin, Lisa Halverstadt confirme toujours sur Twitter, que le nombre total de signtures a déjà été atteint et que Joe Cobb et Ken Jones seront en mesure de déposer leur dossier devant le conseil de ville le 16 juillet prochain. Ces consultations populaires annoncées sont un cauchemar pour la LNH car elles se tiendront dans un contexte très particulier. Nos voisins du sud se préparent à des élections fédérales et municipales. 5 des 7 conseillers qui siègent présentement au conseil de ville ainsi que la mairesse Scruggs ne se représentent pas. En plus de devoir affronter l’opinion populaire, la LNH perd TOUT ses appuis actuels au Conseil alors que les votes fatidiques se tiendront en novembre. Des sondages régionaux montrent clairement que les citoyens de Glendale n’entendent pas donner le feu vert au prochain conseil d’engager les quelques 394 millions sur 20 ans que coûterait l’entente actuelle entre la LNH, Glendale et Jamison.

Trop tard pour Québec?

Pour les amateurs des Nordiques de Québec, ces récents développement arrivent cependant quelques mois trop tard si l’on en croit de nombreux observateurs de la LNH. Bettman aurait déjà fait son choix quant à la suite des choses en cas d’échec de ses tentatives de sauver les Coyotes. Shoalts le mentionne aussi dans son article, la LNH pourrait bien choisir de dissoudre les Coyotes, disperser ses 23 joueurs sous contrat dans les 29 autres équipes de la LNH et procéder ensuite à une expension en bonne et dûe forme.

Pourquoi ?

Il est déjà acquis que les Coyotes débuteront la saison à Phoenix, si début de saison il y a. La LNH est donc déjà engagée à défrayer les co¸uts de la prochaine saison, que Glendale casque le cash ou pas. Comme les risques sont grands que Glendale annule l’entente qui la lie à la LNH, il y aura un manque à gagner encore plus grand pour les autres proprios de la LNH (les prévisions diffèrent entre 25 millions et plus de 90 millions). Afin de pouvoir récupérer le plus d’argent possible, Bettman peut tout simplement dissoudre l’équipe et récupérer tout l’argent investi par la LNH par l’entremise des frais d’expension pour la prochaine concession à être attribuée. Il y aura enchères entre Québec et d’autres marchés (Seattle, Markham, Saskatoon, Kansas City ?) et parions que Bettman saura soutirer le plus possible de la candidature de Québec. Shoalts parle d’au moins 140 millions de frais d’expension.

Si Bettman a fait une croix sur la ville de Glendale et ce marché du sud des États-Unis, il est clair maintenant qu’il tient à tout prix à ne pas perdre la face devant les gens de Québec.

 

Doit-on revenir à l’époque où les matamores faisaient la loi dans la LNH ? Mercredi, juil 4 2012 

 

Dans la communauté toujours plus grande des blogueurs qui couvrent le hockey, nous sommes de ceux qui apprécient particulièrement la plume de Tom Urtz Jr qui sévit sur Bleacher Report http://bleacherreport.com/articles/1245280-is-hockey-in-danger-of-losing-its-heart-and-soul-by-policing-hard-hits . Articles fouillés, positions bien arrêtées mais jamais empreintes de radicalisme, bref, un blogueur à suivre.

Nous aimerions revenir sur son texte d’hier dans lequel Urtz Jr en appelait à la nécessité que les joueurs puissent revenir à l’époque où ils se poliçaient eux-mêmes; un retour à la loi de la rétribution en quelque sorte. Il écrit :

"Dirty hits will unfortunately always remain a part of the game because some players will never learn, but if enforcers had free reign to step into a fight after their teammate got laid out in a dirty fashion, more players would think twice about taking cheap shots and the league would be allowed to loosen their stranglehold on policing hard hits"

Ouf! Voilà l’argumentaire classique de ceux qui espèrent toujours en revenir à l’époque glorieuse des Semenko, des Probert, des Domi. Cette époque où, sur le bout du banc, un matamore veillait au grain, toujours prêt à venir à la défense de ses coéquipiers, à coup de poings et de commotions cérébrales. A-t-on déjà oublié les histoires déconcertantes des Derek Boogaard de ce monde, ces guerriers qui ont abandonné leur santé mentale sur la patinoire pour faire de la "place" à leurs coéquipiers? http://hockeypurelaine.wordpress.com/tag/derek-boogard/

Malheureusement, la LNH envoie elle-même des signaux contradictoires en réduisant la suspension imposée à un joueur comme Raffi Torres pour son coup assomoir et dangereux à l’endroit de Marian Hossa, joueur étoile des Hawks de Chicago. Un cas typique que la LNH veut éradiquer. Un joueur d’énergie dont le poste dans la ligue tient au fait qu’il doive joueur à la limite de l’acceptable, qui doit "terminer ses mises en échec", mais qui trop souvent, récidiviste qu’il est, n’a su s’arrêter à temps. La suspension était sévère, 25 matchs, le quart à être servi en séries éliminatoires, mais c’est précisément ce qu’il faut pour que le message passe auprès de ce type de joueurs.

 

On pose la question : s’il avait fallu que Torres affronte un John Scott de ce monde et se fasse servir une sévère correction, cela aurait-il été une meilleure façon de décourager le type d’assaut dont il fut l’instigateur? Nous sommes convaincus que de priver un joueur comme Torres d’un quart de son salaire, mais par le fait même fragiliser sa position même dans l’échiquier de son équipe (son absence forçant peut-même son équipe à le remplacer), voilà la SEULE et MEILLEURE façon de s’assurer que les coups vicieux disparaissent de la LNH.

La loi des matamores est dépassée et archaïque; ceux qui l’appuient aideraient grandement leur sport favori en s’en rendant compte le plus rapidement possible. Ce faisant, on évitera des destins tragiques comme ceux de Derek Boogaard.

L’institut Goldwater ne freine pas les ardeurs du conseil de ville de Glendale… Mercredi, juin 27 2012 

Différents articles concernant les difficultés financières de la ville de Glendale parus hier montrent sans l’ombre d’un doute que le conseil de ville de Glendale a fait son choix : il investira dans le sport en dépit du gouffre financier dans lequel se trouve la ville.

Harry Bradford du Huffington Post rapporte (http://www.huffingtonpost.com/2012/06/26/glendale-arizona-phoenix-coyotes-debt-collateral_n_1627986.html) notamment que la majorité des conseillers municipaux de la municipalité sont arrivés à la conclusion que la ville de Glendale ne pouvait se permettre de laisser filer les Coyotes après avoir investi 25 millions par année en frais de gestion des installations sportives depuis la déconfiture et la faillite de l’ancien propriétaire de l’équipe Jerry Moyes.

"Glendale could choose to abandon the Coyotes or try to sell the team off to another city, but a sale could cost the town even further. So despite the costs incurred so far to keep the team, some city council members think it’s worth sticking with the franchise"

Cependant, la municipalité croule sous une dette qui prend de l’ampleur, à un point tel, toujours selon Bradford qui cite The Arizona Republic, que Glendale pourrait devoir offrir en garantie de capitalisation de son financement, son Hôtel de ville et son poste de police!

"One struggling city is willing to go to extreme lengths to keep its hockey team.

The Glendale, Ariz., city council is even considering offering up its city hall and main police station — a $41 million value — as one possible solution to pay off the city’s heaping sports-related debt, according to the Arizona Republic News"

L’Hôtel de ville de Glendale en Arizona…

Lisa Halverstadt du Tucson Citizen ( http://tucsoncitizen.com/arizona-news/2012/06/23/glendale-weighs-option-to-cover-sports-related-debts/) renchérit :

"Glendale officials this week considered offering up City Hall and the main police station as collateral to obtain a $41 million loan to cover sports-related debts.

The city would use the money to cover payments to the National Hockey League and potentially to make payments on Camelback Ranch stadium, the city’s spring-training ballpark.

Glendale officials acknowledged the proposal wouldn’t bring the city any savings.

“This is by no means a money-saving exercise,” Interim City Manager Horatio Skeete said. “This exercise would basically allow us the freedom to do a couple things: spread the payments of the $25 million that is currently owed to the NHL and to shore up ourselves for the (Camelback Ranch payments) that are coming due."

Incertitudes financières sur fond de référendum

On peut s’attendre à une quirielle d’articles qui dépeindront les difficultés financières de la ville de Glendale alors que cette collectivité s’engage dans le divisif processus d’un référendum sur la question de l’entente entre la ville et la LNH. Si Gary Bettman semble avoir décidé de foncer coûte que coûte dans l’incertitude de tout ce qu’implique la tentative de rachat des Coyotes par son ami Greg Jamison, force est de constater que des forces puissantes se dressent devant lui. On savait que l’Institut Goldwater se trouverait sur son chemin, mais ce qui est beaucoup plus inquiétant pour la LNH, c’est la force d’un vote populaire qui majoritairement forcerait la ville de Glendale à résilier l’entente conclue avec la LNH, auquel cas, Gary Bettman n’aurait d’autre choix que de tirer la plogue, honteusement, de l’aventure du hockey dans le désert de l’Arizona. 

Henry Boucha, un maître du style dans le hockey des années 70! Jeudi, juin 21 2012 

Nous ne connaissions absolument pas Henry Boucha mais grâce à Ken Reid, blogueur au réseau Sportsnet, on revient sur la carrière de cet homme bien de son temps! Reid annonce d’entrée de jeu que la carte O Pee Chee de Henry Boucha, édition 1976-77 doit ¸etre la plus originale, parmi les plus spectaculaires qui aient été faites!

D’abord, l’uniforme très coloré des Rockies du Colorado, la pose en elle-même, la position du joueur sur la glace, les cheveux aussi, longs, sans casque, mais surtout, le headband de style tennis, comme ceux portés par les John Mcenroe et Bjorn Borg!

Souvenirs!

       

Mais un bandeau au hockey???

L’article de Reid est très intéressant dans ce qu’il raconte à quel point Boucha a été la cible de toutes sortes d’invectives et de railleries dans le monde toujours conservateur du hockey. Hippie! Fillette!, combien de fois il les a entendu! Mais Boucha changeait d’équipe, un nouveau headband s’arrimant à ses nouvelles couleurs! Voici comment le principal intéressé décrit la première fois qu’il a porté un bandeau sur la glace :

"I think I wore it the first time against Pittsburgh," Boucha said. "I had worked with Bugsy Watson and Gordie Howe at a hockey school the summer before. Bugsy came up to me. He’s kind of old school. And he says ‘Oh my God, take that thing off.’  I just kind of laughed about it.  It kind of caught on after that."

Une lecture très divertissante!

http://www.sportsnet.ca/hockey/2012/06/20/henry_boucha_hockey_card_ken_reid/

De nouveaux noms dans la saga des Coyotes – Nordiques… Mercredi, juin 20 2012 

 

Les fans des Nordiques de Québec et les optimistes qui croient encore à la possibilité de voir les Coyotes se dissoudre ou être relocalisés avant la prochaine saison devraient apprendre à connaître les deux personnes suivantes :

- Ken Jones : un résident de la ville de Glendale qui se décrit comme un homme âgé qui a la santé financière de sa ville à coeur, un habitué des réunions du conseil de ville et le résident choisi par l’Institut Goldwater comme personne nommée dans la poursuite de l’organisme contre le conseil de ville et l’entente de 325 millions proposée pour maintenir les Coyotes à Glendale.

- Joe Cobb : ironiquement, il se décrit comme un libertarien (sera-ce un libertarien, dont on sait qu’il s’en trouve beaucoup à Québec, qui sera en bout de piste au front pour livrer les Coyotes à la Nordiques Nation!!!) et il est candidat au poste de Gouverneur de l’État. Il est lui aussi nommé dans la poursuite de l’Institut Goldwater.

Ces deux hommes sont-ils simplement avide de publicité et à la recherche de leur 15 minutes de gloire? Une chose est certaine, ils ont maintenant pris la pôle dans la représentation publique de tous ceux qui contestent vigoureusement l’entente du conseil de ville de Glendale et la LNH. Et ces deux hommes sont déjà fort actifs dans la récolte des signatures nécessaires à la tenue d’un référendum auprès de la population de Glendale qui, s’il est appuyé par un nombre suffisant de résidents de la ville, verrait l’entente résiliée. Comme l’appui au Coyotes est assez limité dans cette collectivité, la LNH voit d’un très mauvais oeil la décision du juge Dean Fink de la Cour supérieure de Maricopa de permettre le processus de référendum.

En terminant, un détail de l’entente entre la LNH et le Conseil de ville de Glendale devrait être rappelé. En tout, les membres du conseil ont approuvé à 4 contre 2 l’entente de 325 millions qui comportait une clause voulant que cette entente soit considérée comme urgente et prioritaire, la rendant effective dès son adoption. Le hic c’est que ce type d’entente doit OBLIGATOIREMENT être entérinnée par un minimum de 5 membres du conseil pour que son caractère effectif urgent s’applique. Ce chiffre n’ayant pas été atteint, l’entente doit cheminer par le long processus d’approbation du Conseil.

À n’en point douter, Gary Bettman et la LNH commencent à manquer de ressources pour sauver les Coyotes. Sans oublier que Jamison peine énormément à recueillir les fonds nécessaires à l’achat (environ 170 millions). On chuchotte en coulisse (puckdaddy entre autre) que le financement de Jamison serait conditionnel à la levée de la condition de localisation de 20 ans à Glendale. Bref, les investisseurs de Jamison cracheront le cash seulement s’ils ont la possibilité de rentabiliser leur investissement par la relocalisation de l’équipe à court ou moyen terme. C’est pas fou de leur part.

À suivre…

Lectures intéressantes sur le sujet ici : http://www.bizjournals.com/phoenix/blog/business/2012/06/phoenix-coyotes-saga-brings-new.html et http://www.theglobeandmail.com/sports/hockey/judge-clears-way-for-referendum-on-lease-deal-between-glendale-coyotes/article4351708/?cmpid=rss1

La LNH, quelque part entre la WWE et la NFL pour le fan américain… Mercredi, juin 13 2012 

 

Voilà quelques jours que nous voulions traiter de cet article de Joe Wilson sur le blogue The Hockey Writers car il est intéressant à plusieurs niveaux : d’abord pour comprendre le plafond de l’intérêt populaire que semble susciter le hockey aux États-Unis, même quand ce sont les Kings qui gagnent la Coupe Stanley, mais aussi à l’aune des négociations de la convention collective qui s’en vient.

Un sport sérieux le hockey?

Voici ce qu’écrit Joe Wilson à ce sujet : "On one extreme we have the WWE which is an admittedly staged athletic melodrama of sorts. On the other extreme we have the legitimate sports leagues, such as the NFL, MLB and NBA. They have governing bodies, player associations, rules committees and all the trappings of a well maintained and cared for product. On the field of play the rules are enforced by officials who call each offense the same way, no matter the time of season or portion of the game. If players engage in any sort of shoving they are immediately penalized. If they throw punches they are ejected and will likely earn a suspension."

Premier problème, les standards d’arbitrage de la LNH. Tout amateur de la game sait très bien que l’on appelle pas les pénalités à tout moment d’un match et au cours des différents cycles de la saison. La géométrie variable de l’arbitrage de la LNH est un facteur déterminant dans la difficulté qu’a le sport de s’imposer parmi les quatre grandes ligues…

Le coeur du problème cependant réside dans la relation que la LNH entretient avec la violence. Wilson note, avec raison, que tous les circuits majeurs sanctionnent sévèrement la bagarre par exemple. Dans la LNH, l’aspect pugilistique fait partie des gènes de la culture du sport. Dans certains marchés, Philadelphie et Boston par exemple, la bataille est une partie intégrante du merchandising du club. Alors que les circuits amateurs et juniors se pencent sur la façon d’enrayer les bagarres et les coups à la tête, la LNH procède lentement et éviter d’ébranler les socles puissants des conservateurs de la ligue; les Ed Snyder, Bobby Clarke, Mike Milbury, Don Cherry et autres défenseurs importants de la violence institutionnalisée dans le hockey, surtout les bagarres.

http://www.youtube.com/watch?v=xfKfP39NymM&feature=player_embedded

Ed Wilson montre dans son article, par quelques hyperliens, des débuts de matchs où la rondelle n’a pas même le temps de frapper la glace que les joueurs se tapent à qui mieux mieux. Les commentateurs jubilent, les amateurs dans les gradins aussi. Illustration équivoque de la culture de la bagarre dans le sport il est vrai, mais est-ce aussi le frein au développement du hockey dans le sport mainstream aux États-Unis? Selon Wilson, oui.

L’enjeu de la négociation collective

Là où ça devient intéressant, c’est l’angle de la question de la violence institutionnelle du sport par rapport aux possibilités de croissance du sport. Cette question sera assurément débatue lors des prochaines négociations collectives entre joueurs et propriétaires.

Pourquoi?

Les économistes sportifs qui se sont prononcés sur les possibilités de croissance de la LNH comme entité économique pointent souvent dans la même direction à court terme; le marché américain. Au Canada, le hockey occupe déjà une telle place que ses possibilités de croissance sont limitées. Il y a 10 fois moins d’habitants au nord et les grands marchés sont rares et déjà occupés. Demeure quelques marchés plus modestes, comme Québec ou Saskatoon, mais dans une ligue où les deux tiers des clubs sont américains, cela ne sert en rien les intérêts des proprios majoritaires du circuit.

Gary Bettman le sait depuis longtemps et c’est pourquoi il se bat sans relâche pour sauver certains clubs moribonds comme Phoenix et Colombus. Mais comment faire pour profiter plus efficacement d’un marché, celui des États-Unis, où le hockey a encore tout à conquérir ? Selon Wilson, mais aussi la pluparts des économistes sportifs, s’assurer une place dans le mainstream sports scene, c’est-à-dire les sports de masse.

Mais cela semble encore bien illusoire quand le hockey peine à s’imposer dans l’intérêt des grands réseaux américains au moment même où le 2e plus grand marché des États-Unis, Los Angeles, réussit à conquérir le précieux Graal pour la première fois de son histoire… Il manque à la LNH un contrat télévisuel d’envergure et cette problématique sera au coeur des discussions cet automne.

Inévitablement, les dinausores du hockey qui continuent de défendre la violence institutionnelle dans le sport seront confrontés au dilemme suivant : doit-on s’attaquer à la place des bagarres et des coups violents dans l’imagos du hockey afin de privilégier la croissance du sport dans un plus grand nombre de foyers américains ?

Des débats animés en vue.

L’article de Joe Wilson ici : http://thehockeywriters.com/goons-and-cheap-shots-keeping-hockey-out-of-the-mainstream/

 

 

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