La relocalisation des Coyotes, un vaudeville de mauvais goût aux allures d’opéra wagnérien! Samedi, mars 30 2013 

Une joyeuse Pâques à tous les amateurs de sport du Québec. La Belle Province peut se targuer cette année de voir ses Canadien de Montréal flirter avec le premier rang de sa conférence, ce qui n’est pas arrivé souvent au cours des dernières années. Est-ce une surprise inhérente à cette courte saison où tout semble possible? Où l’effet d’une nouvelle direction peut propulser un club vers le sommet justement car le momentum peut influencer encore plus le classement quand de bonnes séquences sur 48 matchs sont plus influentes sur le classement que lors d’une « vraie » saison de 82 matchs? On verra. Le CH sera des séries. Mais, nous sommes de ceux qui pensent que le Canadien souffrira encore cette saison du vaudeville de l’arbitrage à deux vitesses alors que les séries apportent un deuxième livre des règlements, plus permissif, qui sied bien aux dirigeants de clubs de la LNH qui bâtissent leurs en fonction de cet élément (les Bruins, les Flyers, les Ducks, etc)

Le retour des Nordiques… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… Bis… (Alouette! Aaaaaaalouette…)

Parlant de vaudeville, celui des Coyotes de Phoenix est tout simplement clownesque. Pire, on se croirait en plein opéra surréaliste de Wagner (en contenu et en durée…). Faut le faire quand l’imbroglio tient à un vote au conseil de ville de Sacramento pour la construction d’un nouveau stade visant à conserver une équipe de la NBA car ce vote est suivi par des types de Seattle (qui n’ont AB-SO-LU-MENT aucun intérêt pour le hockey) qui cherchent à y rapatrier les Sonics et cette décision pourrait vouloir dire l’éventuelle construction d’un stade qui pourrait peut-être accueillir une équipe de hockey là-bas… Vous suivez?

Autrement dit, Bettman cherche par tous les moyens à ne PAS relocaliser les Coyotes à Québec, quitte à lancer la LNH dans une autre aventure pas d’allure. Il existe un marché présentement qui permettrait à la LNH de soutirer le 400M de frais d’acquisition d’une franchise de la ligue via l’expansion et c’est Québec; pas Saskatoon, pas Toronto-métro ou Markham (ce marché spécifique demanderait à la LNH de négocier des ententes territoriales puisque qu’il empiète sur celui des Leafs et des Sabres), pas Hamilton.

Bettman a sorti un autre acheteur potentiel pour les Coyotes, George Gosbee, président d’AltaCorp, une banque d’investissement. Cependant, et Philippe Cantin de LaPresse l’explique bien ce matin, cet acheteur potentiel aurait lui aussi besoin des deniers publics de Glendale à raison d’une lucrative entente d’exploitation du Joboom Arena, ce que le nouveau maire refuse net et contre quoi il se bat férocement.

L’excellent journaliste du Sports Illustrated Micheal Farber a bien expliqué à la radio AM de TSN cette semaine que si le dossier des Coyotes refait surface maintenant (c’est-à-dire quelques jours après la dernière encontre des Gouverneurs de la LNH), c’est que la pression est forte au sein du groupe des propriétaires afin que Bettman trouve une solution à ce problème, préférablement AVANT la prochaine saison afin que le réalignement des conférences de la LNH soit fixé et que l’on ne soit pas sous le coup d’une autre modification dans un ou deux ans.

Voilà donc ce qui se joue présentement dans les bureaux de la LNH : on est conscient que la relocalisation pourrait devenir LA seule option viable, mais on veut éviter que ce soit Québec ou une ville de l’est du continent. Aussi, le refonte des conférences crée un vide de deux clubs (pour en arriver à une ligue de 32 clubs- 2 conférences de 16 clubs) et c’est en maximisant sur les frais d’expansion que l’on veut combler le trou de deux clubs. Déménager un club à Québec serait se couper de la plus lucrative possibilité de ce côté.

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Le 8 mars, c’est aussi le triste anniversaire de l’assaut Chara sur Pacioretty… Vendredi, mars 8 2013 

MaxLe 8 mars est surtout reconnu comme la Journée Internationale des Femmes. Nous ne voulons en aucun cas porter ombrage à cette cause, car dans l’ensemble du monde, la violence faite aux femmes est toujours un fléau.

Mais le 8 mars, pour les amateurs de hockey, et particulièrement ceux du Canadien de Montréal, est une funeste journée. Il y a deux ans aujourd’hui, le géant Zdeno Chara, dans un geste prémédité par une séquence préalable sur la patinoire qui l’avait agacé, frustré, étampe Max Pacioretty dans la barre de soutien de la baie vitrée devant le banc du Canadien. Une séquence qui glace encore le sang aujourd’hui et qui, miraculeusement, n’a pas laissé de séquelles à l’ailier du Canadien.

Mais cette date est une occasion intéressante pour faire le point sur les blessures à la tête dans la LNH. Qui plus est, c’est aussi aujourd’hui que l’un des défenseurs les plus robustes des deux dernières décennies, Chris Pronger, a fait le point sur sa commotion cérébrale, mais aussi sur l’un des effets les plus pernicieux sur les sportifs de haut niveaux qui sont contraints à l’inactivité : la dépression.

C’était passé un peu dans le beurre, mais le centre des Bruins de Boston Marc Savard s’était confié au Boston Globe au mois de décembre dernier concernant le « trou noir » dans lequel il disait se trouver. C’était triste à lire, la description d’une journée typique, les lourds rideaux pour cacher la lumière-trop souvent à la base des maux de tête- les longues heures à ne pouvoir rien faire d’autre qu’attendre, dans le silence, pas de télé, pas de radio.

Chris Pronger faisait état de symptômes similaires hier lors d’une entrevue radio dans la région de Philadelphie, reprise par TSN Radio. Dans son cas, la commotion cérébrale s’est accompagnée de graves problèmes de vision. Le géant défenseur refuse de signer la documentation officielle de la LNH qui confirmerait sa retraite. Pronger s’accroche au rêve d’un retour au jeu, même s’il peut difficilement s’entraîner et si son dernier match dans la ligue remonte au mois de novembre 2011. Même chose pour Marc Savard. Pas de retraite officielle. Un troisième retour au jeu suite à des problèmes cérébraux est-il vraiment réaliste dans son cas? On peut en douter. Mais surtout ne pas tuer l’espoir, un baume pour combattre la dépression.

Cette semaine, dans le cadre d’un match entre les Sénateurs et les Leafs, confrontation que l’on mousse comme « The Battle of Ontario » pour créer un peu de « hype » qui vend bien ces petits matchs de semaine à TSN, à peine quelques secondes après que la rondelle fut déposée sur la glace, deux matamores laissent tomber les gants pour épater la galerie, répondre à ce « hype » en quelque sorte. Un combat TOUT-À-FAIT inutile et complètement stupide qui n’ajoute rien au match, qui ne fait que renforcer la réputation de « gong show » au hockey. Frazer McLaren, qui revendique plus d’une cinquantaine de combats en carrière dans la LNH atteindra le jeune David Dziurzynski, qui lui en était à son premier combat dans la grande ligue. À la lumière de la sévérité de la commotion cérébrale que subira le jeunot, il se pourrait bien que ce soit aussi son dernier combat.

On en profitera pour rappeler la triste histoire de Derek Boogaard, dont le destin devrait être revu chaque fois que l’on se questionne par rapport aux blessures cérébrales.

http://hockeypurelaine.wordpress.com/2012/04/05/pourquoi-la-lnh-ne-sattaquera-pas-aux-coups-a-la-tete-et-aux-bagarres/

http://www.newyorker.com/online/blogs/comment/2012/04/blows-to-the-head.html#ixzz1rDOU0Tgh

Des déceptions dans la LNH jusqu’ici… Lundi, mars 4 2013 

Première mise à jour des performances décevantes…

On se permet une mise à jour de quelques unes des déceptions les plus évidentes cette saison du point de vue des joueurs.

a) Drew Doughty, Kings de Los Angeles. Ce type passe plus de 26 minutes par match sur la patinoire, avantages numériques première vague, mais ne revendique que 8 mentions d’aide, pas de but et une piètre fiche de -7. Inacceptable. Un dur lendemain de veille pour lui cette saison écourtée.

b) Scott Gomez, Sharks de San José. L’attaquant mal-aimé avait la chance de repartir en neuf avec les Sharks. Il était mieux entouré qu’à Montréal, il avait la chance de se défaire des attentes de son ridicule contrat dans un marché où il ne serait pas scruté à la loupe chaque jour. 2 passes en 14 matchs, -4 en 14 minutes de jeu par match. Ce joueur est marginal maintenant et il en est à son dernier souffle dans la LNH.

c) Ryan Nugent-Hopkins, Oilers d’Edmonton. Guigne de la 2e année pour lui. Un maigre but et 6 passes, -2. Cet attaquant est parmi les plus utilisés de laLNH à plus de 20 minutes par match.

d) Kyle Okposo, NY Islanders. On s’attendait à plus de cet ailier des Islanders qui joue son va-tout cette saison. Cet attaquant est au milieu d’un contrat de 5 ans à raison de 2.8 M par saison. Son maigre 2 buts à ce stade-ci de la saison déçoit. À près de 17 minutes par match devrait se traduire par plus que ses 8 points et -6.

e) Brian Boyle, Rangers de NY. Cet attaquant promettait d’éclore par une production digne d’un bon joueur de 3e trio (35-45 pts par saison). En 17 matchs, 1seule passe et une fiche de -7. Cet ancien choix de 1ere ronde (de 6 pieds 7 et 245 lbs!!!) des Kings en 2003 semble avoir plafonné.

f) Tyler Kennedy, Penguin de Pittsburgh. Joueur de 3e trio efficace par le passé, il souffre beaucoup du départ de Jordan Staal. 2 buts, 2 passes en 22 matchs et son temps de glace est réduit à moins de 11 minutes par match. Il en est à sa dernière année de contrat (2 M /saison) et cette maigre production ne pouvait tomber plus mal pour lui.

g) Kris Russel, Blues de St-Louis. Ce défenseur petit gabarit (5 pi 10, 170 lbs) doit produire de 25 à 40 pts par saison pour trouver une niche dans la LNH. Son transfert de Colombus à St-Louis n’a rien fait pour relancer sa carrière. 1 passe en 17 matchs, -2 et 15 minutes d’utilisation par match. Quelques matchs sur la passerelle.

h) Nic Antropov, Jets de Winnipeg. Ce joueur de centre format géant fait partie de ces Russes (Kazakh, ici) énigmatiques dont on ne sait trop quoi attendre. Un seul but et 7 points en 21 matchs, c’est insuffisant.

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La méthode Bergevin… Vendredi, févr. 22 2013 

Après plusieurs mois de silence, nous revoici pour un temps. Nous faisons partie de ceux qui ont pris leur temps avant de nous enticher de la présente saison de la LNH. Mais la passion du sport l’emporte toujours et nous risquerons quelques textes dans les semaines qui viennent.

A) On doit admettre que depuis le début de la saison, la LNH est intervenue auprès de ses arbitres afin que les règlements d’obstruction et d’accrochage, ce qui se traduit par une augmentation de près de un but par match. Est-ce une tendance? Reviendrons-nous à l’arbitrage plus leste en séries? Espérons qu’on laisse le talent s’exprimer au détriment des plombiers dont le rôle est, trop souvent, de ralentir le jeu.

B) En contrepartie, on remarque aussi le que nombre de bagarres est stable dans la LNH. Il y a encore des combats « stagés », mis en scène entre deux matamores, mais des joueurs de soutien qui ont aussi un certain talent n’hésitent pas à jetter les gants. Brandon Prust du Canadien est le champion en la matière… On est loin de l’éradication des combats dans la LNH mais les goons sont de plus en plus minorisés. Savoir tenir son bout dans la LNH est désormais un pré-requis. Il y a bien un John Scott à Buffalo, mais l’expérience George Parros en Floride est plus concluante. Le type ne met pas son club dans le trouble et il s’est même permis un joli but la semaine dernière et a joué un respectable 9 minutes hier.

C) La méthode Bergevin. Je termine ce court article en saluant bien bas le travail de l’équipe mise en place par Marc Bergevin à Montréal. Le Canadien terminera-t-il au premier rang? J’en doute mais la proposition aurait parue farfelue en octobre dernier. C’est le travail et la préparation des Bergevin, Therrien, Daigneault, Lapointe, Gallant, Brisebois, Lefebvre (à Hamilton), etc; ce sont tous ces rouages qui ont fait du Canadien une équipe plus dynamique (l’antithèse de l’ère Gauthier-Gainey-Martin), plus organisée, plus motivée, moins découragée quand elle affronte l’adversité, et surtout moins divisée par les querelles internes. Certains ont critiqué le fait que Therrien impose les célébrations collectives au détriment des Low-five Subban-Price. N’oublions pas que les occasions de faire le Low-Five l’an dernier étaient éparses aux mieux. Le Center Ice gathering du Canadien est un gage d’unité qui a propulsé le CH en première place. En terminant, le réputé Pierre Lebrun place Therrien 2e sur la liste des plus sérieux prétendants au Jack Adams ce matin. Seul Paul Maclean à Ottawa le devance, lui dont l’hécatombe de blessures aurait dû le reléguer dans la cave, mais qui continue à mener ses hommes vers les séries…

D) Quelques mots pour Michel Brûlé, qui défendait hier, dans une lettre ouverte aux journaux et à la radio de Dutrizac, la nécessité de voir plus de joueurs francophones chez le Canadien, même si cela devait se faire au détriment d’une première place au classement. Ceux qui nous lisent savent que nous défendons toujours les joueurs québécois et francophones dans la LNH et que nous réclamons depuis longtemps, et à force de hauts cris, plus de francophones chez le Canadien. Il n’y a en ce moment que Bouillon et Desharnais (les deux sans contrats l’an prochain en passant), et on peut s’inquiéter de la suite des choses. Mais attention! On ne peut pas dans une organisation comme celle d’une équipe de hockey de la LNH ne considérer que les seuls joueurs sur la patinoire. On doit aussi considérer tous ceux qui sont des acteurs de premières lignes dans l’organisation: entraineurs, équipe de direction, soigneurs, marketing, etc. Oui nous souhaiterions que Gionta parle français, mais le sympathique capitaine n’est que de passage et il cèdera sa place d’ici un an ou deux. On verra la suite! Une chose est certaine, à voir le nombre de francophones autour de Bergevin et Molson, on ne peut douter que ceux-ci jettent un oeil particulièrement intéressé aux espoirs francophones mais aussi aux David Perron de ce monde… Nous avons confiance. Pour le moment.

Dissolution, la stratégie de la dernière chance pour l’AJLNH Vendredi, déc. 14 2012 

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Nous l’avions écrit il y a quelques semaines, si les propriétaires se cramponnaient dans l’intransigeance de leurs positions, l’arme de dernier recours pour les joueurs demeuraient la dissolution de leur association. C’est la stratégie qu’avaient adopté les joueurs de la NBA l’an dernier et voilà que Bettman pourrait bien se faire servir la même médecine…

Diverses sources nous ont appris aujourd’hui que les aviseurs légaux de l’AJLNH ont désormais le mandat de consulter les joueurs sur la dissolution de l’association, le tout avant mardi prochain. Si la majorité simple des joueurs se prononcent en faveur de cette option, les frères Fehr pourraient bien lancer les procédures judiciaires en vertu des lois anti-trust américaines dès lors; le but étant, évidemment, de forcer les autorités fédérales américaines à déclarer le lock-out illégal.

Les deux scénarios plausibles

A) la perspective de dissolution du syndicat des joueurs forcera les propriétaires à réagir. Cela pourrait se répercuter par une plus grande ouverture, par exemple, sur la question de la longueur maximale des contrats (de 5 ans à 6, ce qui rejoindrait la proposition des joueurs), ou par rapport à la durée de l’entente (7 ans au lieu de 10). Nous croyons que la question du fonds de provision en vue de respecter les contrats déjà réglée et que les joueurs ont accepté que les proprios n’en mettraient pas plus dans le « make whole ».

B) Bettman et la frange plus radicale des propriétaires jouent le tout pour le tout et acceptent de porter le conflit devant la Cour. Cette option repose, selon nous, sur la prémisse suivante : la LNH veut prouver aux joueurs une fois pour toute, et hors de tout doute, que les chiffres qu’ils contestent par rapport à la santé financière de plus d’une dizaine de marchés dans la ligue sont irréfutables et que leur plan de redressissement des finances de la ligue est une condition m^même de la survie de ces marchés. Ce serait en fait la solution coup de circuit pour les propriétaires car une telle décision rendue par la Cour fédérale leur donnerait raison sur toute la ligne. Mais des experts légaux cités par ESPN dans des textes de Katie Strange et Pierre Lebrun avouent qu’il s’agit là d’un énorme risque, les cours de justice étant souveraines et bien peu prévisibles.

Dans les faits, les amateurs de hockey devraient être fixés d’ici une semaine car si les joueurs décident d’opter pour la voie de la dissolution, ce sera un signal clair qu’ils souhaitent sauver la saison à tout prix. Cela doit donc se produire rapidement. Étrangement, il y a quelques propriétaires qui, discrètement espèrent que le conflit prennent cette voie. Les plus militants car ils sont persuadés de leurs chances de succès en cour-c’est la minorité- les autres pour que la voie de la raison gagne le cercle des proprios.

Notons en terminant que le seul scénario qui semble acceptable pour les deux camps dans le cas où l’on sauve la saison, c’est un calendrier de 56 matchs. Pour sauver l’intégrité de la saison et du titre de champion de la Coupe Stanley, on souhaite éviter une saison de moins de 50 matchs.

Lockout LNH : Règlement rapide ou longue litanie devant les tribunaux? Mardi, nov. 27 2012 

Deux pistes à considérer pour la suite des choses dans le lockout qui mine encore les opérations de la LNH. Nous avions écrit ici il y a plusieurs mois que le conflit était inévitable, mais nous étions de ceux qui pensaient que le lockout se règlerait avant le thanksgiving américain. En ça, nous avons manqué la cible!

Ce que nous n’avions pas prévu, en toute nonnêteté, c’est la force de l’intransigeance de Gary Bettman et son emprise démesurée sur l’ensemble des propriétaires. Le constat que l’on peut tirer de ce conflit c’est que les dommages causés au sport seront importants, permanents, et que Bettman doit certainement considéere son avenir personnel avant la pérennité de la ligue et de ce sport.

Piste 1 : La médiation

La majorité des chroniqueurs qui suivent le lockout ont rappelé l’échec de la médiation de 2004-2005. On se souviendra qu’à l’époque, l’AJLNH n’avait pas voulu plier sur le principe du plafond salarial, quitte à sacrfier la saison. Ce plafond a été accepté avant la saison d’ensuite. L’histoire semble faire croire aux proprios que cette tactique de la terre brûlée fonctionnera encore… La médiation ne peut fonctionner qu’à la condition où les deux partis acceptent de négocier. Si l’un des deux partis se campe dans le refus, on pourrait bien en appeler au Pape, rien ne bougera.

C’est un peu la conclusion à laquelle en arrivent, par exemple François Gagnon dans La Presse et Pierre Lebrun sur son blogue dans ESPN (http://m.espn.go.com/general/blogs/blogpost?blogname=nhl&id=20406&wjb). « But in the end, no matter what mediators say or try, only the true willingness of both sides to finally compromise for the final stretch will allow a true breakthrough. »

Bref, jusqu’à maintenant, comme le Commissaire Bettman a refusé chaque proposition de l’AJLNH en moins de temps qu’il n’en faut pour les imprimer, pourquoi penser, espérer une soudaine ouverture de sa part? Afin d’ajouter à son héritage personnel en tant que bonze de la LNH, il a fort à parier que Bettman cherche la victoire par KO, avec en prime l’humiliation.

Piste 2 : la dissolution de l’AJLNH

On doit absolument partager l’article de Martin Leclerc concernant les enjeux qui entourent une option dont on parle de plus en plus dans ce conflit : la dissolution de l’association des joueurs de la LNH. ( http://blogues.radio-canada.ca/bloguesportif/2012/11/25/dissoudre-lajlnh-pas-maintenant/)

« Dans la LNH, comme l’ont rapporté quelques valeureux confrères au cours du week-end, la dissolution de l’Association des joueurs signifierait théoriquement la fin immédiate du lock-out (on ne peut mettre en lock-out des salariés qui ne sont pas syndiqués) et les 30 équipes de la ligue seraient dorénavant obligées d’opérer comme 30 entreprises distinctes. »

Cependant, une telle solution radicale pourrait bien affecter négativement autant les joueurs que les propriétaires. Toujours selon Martin Leclerc :

« On imagine avec amusement le chaos que cela provoquerait. Des choix de premier tour comme Sidney Crosby entreprendraient leur carrière avec des contrats garantis de 80 ou 100 millions. Les Rangers de New York et les Maple Leafs de Toronto se bâtiraient des formations de 125 ou 150 millions dans l’espoir d’acheter une coupe Stanley. À l’inverse, les masses salariales des Coyotes de Phoenix et des Blue Jackets de Columbus seraient probablement faméliques et l’on verrait sans doute plusieurs équipes de petits marchés fermer boutique »

Nous serions bien étonnés que la « dissolution » de l’AJLNH se fasse à court terme mais Donald Fehr est un fin renard qui a préparer le terrain depuis plusieurs mois, notamment par l’embauche de Don Zavelo.

« Cela dit, Fehr sait depuis le début à qui il a affaire. Et au cours des deux dernières années, tout en se préparant à négocier de bonne foi, il a aussi provoqué la guerre. Ce n’est pas pour rien qu’en octobre 2011, il a embauché Don Zavelo à titre de responsable des affaires juridiques (general counsel) de l’AJLNH.

Voici un extrait du communiqué annonçant l’embauche de Zavelo :

« Don Zavelo se joint à l’AJLNH. Au cours des 30 dernières années, il travaillait au bureau de New York du National Labor Relations Board (NLRB) […] où il dirigeait les enquêtes en matière de pratiques déloyales en plus de superviser les procès intentés par les avocats et enquêteurs du bureau new-yorkais du NLRB. »

En septembre dernier, Zavelo a intenté des recours devant les conseils de relations de travail du Québec et de l’Alberta pour faire déclarer le lock-out de la LNH illégal dans ces deux provinces. Aux yeux de plusieurs, les joueurs ont essuyé deux solides rebuffades devant ces tribunaux administratifs. Mais pour certains, ces deux cas ont plutôt permis à l’Association des joueurs de faire témoigner des dirigeants de la LNH qui, sous serment, sont venus déclarer que seule la loi américaine du travail s’applique aux opérations de la LNH. »

Or, justement, la loi américaine du travail est très sévère quand il s’agit de dommages punitifs qui ont cours suite à des procès qui portent sur des négociations d’ententes de travail en cas de litiges. Et sur ce point, les joueurs ont réussi à coincer Gary Bettman.

A) soit Gary Bettman règle maintenant et profite de l’avantage qu’il s’est construit jusqu’ici.

B) soit Gary Bettman résiste et demeure intransigeant, ce qui ne serait pas surprenant, mais qui conduirait inévitablement l’affaire devant les tribunaux sitôt la confirmation de la saison annoncée.

« Or, c’est après l’annulation de la saison que Fehr se retrouverait, hors de tout doute, aux commandes d’une des plus flagrantes causes de négociation de mauvaise foi de l’histoire des États-Unis. Imaginez un instant ses arguments :

- un employeur qui déclenche un deuxième lock-out en sept ans;

- une ligue professionnelle qui annule une deuxième saison complète en sept ans, du jamais vu dans l’histoire du sport professionnel;

- une offre de départ malhonnête, qui proposait aux joueurs un recul financier de 24 % et de nombreux reculs en ce qui a trait aux droits contractuels individuels. Et malgré le fait que la LNH ait connue sept années consécutives de revenus record;

- le refus des propriétaires d’honorer des contrats en bonne et due forme, déjà signés;

- le refus par les propriétaires, en 10 minutes (!), de trois offres de règlement présentées par les joueurs;

- l’annulation de la saison 2012-2013, malgré une proposition de règlement de l’Association des joueurs qui concernent des concessions s’élevant à plusieurs centaines de millions de la part des joueurs et aucune concession de la part des propriétaires.

Si Gary Bettman décidait d’annuler la saison et que Donald Fehr appuyait sur le bouton « dissolution » à ce moment précis, ce dernier aurait entre les mains une cause quasi parfaite qui exposerait les propriétaires à des dommages punitifs de 5,4 milliards de dollars (1,8 milliard en salaires perdus, multiplié par trois). Rien de moins!

Chaque jour qui passe mène un peu plus Gary Bettman dans une impasse. Plus les propriétaires annulent des matchs, plus la cause des joueurs se cristallise et plus les éventuels dommages punitifs augmentent. Et plus la décision de régler rapidement le confit s’impose. »

L’article de Martin Leclerc explique de façon claire les deux options qui demeurent dans ce conflit et les conséquences juridiques possibles. Cependant, on doit ajouter que la bataille juridique fait aussi partie des options que prépare le Commissaire et que celui-ci croit qu’il a une chance de convaincre la Cour. Une guerre de chiffre s’enclencherait-un des points en litige dans le présent conflit- et la LNH ferait valoir le piètre état de certaines de ses équipes comme modus operandi de son intransigeance.

Bref, cet interminable conflit connaîtra un dénouement plus ou moins rapide, sinon, ce sera la longue litanie des tribunaux.

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Chronologie d’un conflit; l’héritage désastreux de Gary Bettman Mercredi, nov. 14 2012 

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Chronologie d’un conflit : les liens entre le politique et la gestion de la LNH

En général, au Québec du moins, le milieu du hockey est loin d’avoir été animé par les gens les plus progressistes. Historiquement, les hockeyeurs et administrateurs québécois ont plutôt été discrets politiquement, sinon plutôt associés au parti Libéral, comme Serge Savard par exemple. Soucieux de ne pas s’imiscer dans la question politique toujours chargée au Québec, la plupart des acteurs du hockey professionnel sont donc demeurés plutôt réservés sur ces questions. En ce sens, la couleur politique du gouvernement en place au Québec n’a pas influé de façon significative la conduite des opérations de la LNH moderne.

Cependant, le hockey professionnel moderne, nous entendons surtout sous le règne de Bettman, n’est pas exempt d’opérer dans un environnement économique où les gouvernements sont présents. Parfois en subventionnant les édifices, par l’accomodation de la taxation, etc. Les gens de Québec se rappellent des chassés-croisés entre Marcel Aubut, l’ex maire de Québec Jean-Paul L’Allier et le gouvernement du Québec de l’époque dirigé par l’un des plus brillants économistes de son époque, Jacques Parizeau. (voir : http://www.rds.ca/hockey/chroniques/179443.html)

On se souviendra que le milieu et la fin des années 90 furent marquées par l’atteinte à tout prix du déficit zéro, une période cyclique, comme celle que nous vivons présentement d’ailleurs, où l’économie se contracte et où l’austérité l’emporte sur les dépenses folles. C’est dans ce contexte que Québec a dû se résoudre à perdre ses Nordiques et où la LNH a vécu le premier conflit de travail sous Bettman. Le gouvernement de Parizeau avait offert jusqu’à 17 millions à l’époque en échange de quoi les Nordiques auraient eu à s’engager à contrôler les coûts en salaires. Cela viendra plus tard… pas assez vite pour sauver les Nordiques malheureusement. Dans les circonstances, le PM Parizeau aurait espéré que le privé aide à sauver les Nordiques, le gouvernement ne pouvant tout faire seul en période austère.

Les Nordiques ont quitté vers le Colorado, les Jets les imiteront en quittant vers Phoenix. La LNH de Bettman serait résolument Américaine et tous les grands marchés devront être représentés, même si certains n’avaient absolument aucune tradition de hockey. La transposition d’un positionnement géographique imitant des sports « naturels » comme le baseball ou le football n’a jamais inquiété Bettman qui l’a imposé aux propriétaires en promettant une croissance inespérée.

La croissance est venue… du Canada. Les marchés américains non-traditionnels ont péréclité avec le temps, les proprios ont réagi en accordant leur confiance à Bettman pour imposer un contrôle des côuts. Une saison et demie de perdue plus tard, rien n’est réglé et le club sélect des propriétaires d’équipes de la LNH est devant la perspective de devoir annuler une autre saison.

Le gros problème c’est que la croissance des revenus de la LNH aux États-Unis est faible, quand on ne parle pas des déficits opérationnels de plus d’une douzaine d’équipes. Les équipes canadiennes profitent de l’hégémonie du hockey sur la scène sportive pour récolter 40% de tous les revenus de la LNH, le tout à 7 équipes.

Dans ce contexte, on se retrouve devant une situation inique où les clubs canadiens participent proportionnelement à une part indue des revenus de la ligue mais sont minorisés au sein du cercle des proprios. La ligne dure prônée par Bettman cet automne est le fruit d’un appui de moins d’une dizaine de propriétaires plus « radicaux » dont on doute qu’aucun ne soit Canadien. Les statuts de représentation de la LNH permettent à Bettman de présenter une position officielle de la LNH fort de l’appui de seulement 8 propriétaires pour qu’elle soit valide. Certaines équipes qui ont déjà connues de meilleurs jours, Colorado et Dallas par exemple, font partie de ce groupe, tout comme des marchés moribonds comme Long Island, Colombus et Nashville. Pire encore, la LNH devient juge et partie en tant que proprio des Coyotes…

Ce rapport de force tronqué permettra à Bettman d’imposer la ligne dure à l’ensemble des propriétaires et de négocier le couteau à la gorge des joueurs. Rien pour améliorer une relation déjà acrimonieuse entre le Commissaire et l’AJLNH.

Dans les faits, la LNH n’a jamais vraiment connu la stabilité sous le règne Bettman. D’abord car il n’a jamais réussi à gagner la confiance des joueurs; pire, avec le temps, il s’est attiré leur mépris. Si ce conflit se règle un jour, il ne faudrait pas se surprendre qu’un jour, un capitaine vainqueur de la Coupe Stanley refuse de recevoir le plus noble trophée du sport professionnel Nord-Américain des mains de celui qui l’aura traîné dans la boue.

P.S. : la LNH et l’AJLNH se sont adjoints les services de grandes firmes de Lobbyistes afin de les représenter auprès des parlementaires canadiens comme le veut la loi. Les joueurs supposément en vue de représentations sur les lois fiscales, la LNH pour protester contre la nouvelle loi sur les paris sportifs (Bill C-290). Ne soyons pas dupes, la négociation en cours se rendra jusqu’aux parlementaires canadiens.

Voir : http://www.ipolitics.ca/2012/11/14/with-canadas-game-on-ice-the-nhl-warms-to-the-hill/

Bettman n’avait pas d’affaire sur la même tribune que Joe Sakic Mardi, nov. 13 2012 

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Quelques réflexions en vrac concernant les non-développements des derniers jours :

A) C’est une honte innomable que Gary Bettman se soit présenté au Temple de la Renommée du Hockey hier soir. Nous n’avons pas besoin d’attendre que l’arrogant commissaire quitte son poste pour un des trois autres sports prestigieux afin de parler de l’héritage qu’il laissera en tant que Grand Manitou de la LNH. Trois conflits majeurs depuis 1994; aucune considération pour les effets à long terme de ces conflits sur la base partisane; un dégoût de la structure économique du sport qui tire 40% de ses revenus des 7 équipes canadiennes (ce qui horripile le Commissaire); la ferme impression que la LNH est un passage obligé pour Bettman avant de se voir considérer pour un tremplin vers la NBA (ou un autre sport « vraiment américain »).

Mais pire encore, c’est que la présence de Bettman à l’intronisation de l’un des plus grands ambassadeurs de notre sport, un gentleman comme il ne s’en fait que trop rarement, un passionné qui a prêché par l’exemple, la droiture, l’honnêteté envers ses coéquipiers, Joe Sakic, la présence de Bettman donc, nous a montré les deux extrêmes de ce que notre sport national a à offrir; la classe du passionné sur la glace et l’administrateur-gestionnaire mercantile qui additionne et calcule pour les propriétaires sans égards envers ceux qui comptent (au propre et au figuré) le plus pour les amateurs.

Les joueurs ont-ils tout vrai dans ce conflit? Bien sûr que non. Mais une chose est certaine, Bettman se met un doigt dans l’oeil en cautionnant l’imprudence (ou la connivence) des propriétaires qui ont consenti des contrats surréalistes à quelques heures du lockout. Car en demandant maintenant que ces contrats ne soient pas respectés; ou pire, en demandant que ce soit un « make whole » fund qui les payent au delà de la nouvelle entente, c’est demander que ce soient les joueurs qui payent pour l’imprudence des proprios. C’est proprement scandaleux et ça pourrait priver les amateurs d’une saison complète et même mettre en péril plusieurs marchés de la LNH, à commencer par celui qu’un joueur comme Sakic a bâti, le Colorado. En ça, Bettman n’avait pas d’affaire sur la même tribune que Joe Sakic. Point.

B) L’optimisme débordant de certains chroniqueurs de la faune montréalaise s’est passablement refroidi ces derniers jours. François Gagnon parle même dans LaPresse du risque de la saison perdue. Damian Cox l’évoquait la semaine dernière, se refusant de croire que joueurs et proprios avaient assez soufferts de la situation actuelle. La poussière de huis-clos de la dernière session de négo retombée, on constate en effet que le fossé est abyssal. Plus qu’une question de chiffre, on s’entredéchire sur la vision même de ce que devrait être la LNH des prochaines années. On est loin de la première mise au jeu.

Pire encore, le NY Times nous apprenait en fin de semaine qu’un nouveau front s’était ouvert dans le litige : qui payera pour les dommages causés par le lockout? La LNH devra faire face à des poursuites coûteuses au terme du conflit de travail. Molson-Coors a annoncé étudier la chose à la lumière des pertes qu’elle accuse depuis le début du conflit. Reebok a emboîté le pas; d’autres suivront.

Un lockout c’est une décision unilatérale des propriétaires de bloquer l’accès des joueurs à leur milieu de travail, mais Bettman voudrait qu’à tout le moins l’AJLNH paye une partie des pertes et dépenses émanant des poursuites! Le fossé se creuse. La gestion des contrats et le partage des revenus hockey sont les autres dossiers les plus litigieux.

C) En terminant, l’absence du hockey dans la programmation des différentes chaînes (télé-radio) spécialisées dans le sport crée un vide qu’il est très difficile de combler. Honnêtement, je veux bien que l’on compense par des habits d’époques et des vielles « games » des années 80, mais les faméliques cotes d’écoute montrent bien que le public-cible de ces réseaux a opéré un transfert vers d’autres chaînes, d’autres moyens de diverstissement. On se demande l’intérêt de discuter encore, comme on le faisait hier soir chez Ron Fournier, des meilleurs hockeyeurs canadiens de l’histoire; sujet usé de redondance s’il en est un. Vivement plus de matchs de la LHJMQ, de la ligue américaine et des ententes avec certains circuits européens et collégiaux américains pour que nos écrans montrent la belle diversité du hockey.

Bettman est un fin renard; Damospin et la douche d’eau froide! Vendredi, nov. 9 2012 

Le moins que l’on puisse dire c’est que Gary Bettman est un fin renard. Pendant que la cohue journalistique s’affairait à essayer de localiser l’endroit précis où l’AJLNH et les proprios négociaient, « Call me Gary » avait réussi à imposer aux joueurs de se rencontrer chez Proskauer Rose, 41e Rue et 8e Avenue, la firme d’avocats New-Yorkaise qui a concocté la stratégie d’imposition d’un lockout pour la LNH de Bettman en 1994 et 2004.

Faut le faire!

En fin de journée hier, une douzaine de journalistes, quelques caméras, attendaient les protagonistes afin de tâter le pouls des participants. Ils ont fait le pied de grue pour rien car peu a transparu des quelques mots laconiques qu’ont laissé tomber Donald Fehr et Gary Bettman.

Le « fond de provision » (make-whole) demeure un enjeu qui divise profondément les joueurs car les sommes qui serviraient à le créer (ce fond) proviendraient en très grande majorité de l’ensemble des joueurs de l’AJLNH. Dans les faits, la seule véritable utilité de ce fond serait de respecter les contrats signés avant le lockout, certains, cyniquement, ayant été signés à quelques heures du début de celui-ci!

Imaginons le scénario : les revenus sont partagés de façon moindre pour les joueurs (de 57 à 53% la 1ère année), ce qui fait baisser le plafond salarial. Les contrats de joueurs étoiles comme Suter et Parisé au Minnesota deviennent trop lourds à porter, c’est le « make-whole » qui sert à couvrir l’excédentaire. L’ensemble des joueurs qui paye la super-étoile pour des contrats signés en bonne et dûe forme…

On doit admettre que cette clause irrite même certains proprios.

Un son de cloche réaliste : Damian Cox

Encore, nous nous tournons vers Damian Cox du Toronto Star afin d’en arriver à une lecture réaliste de la situation.

Pour lui, tout l’aspect dramatique et l’urgence de la situation, c’est de la foutaise. N’en doutons pas, les deux côtés souffrent de la situation : « Right now, both sides are bleeding, and both are assessing on a day-to-day basis how much more they want to bleed, and measuring their losses against the possible gains, and calculating how far they can push the other side for maximum advantage. »

Mais contrairement à ce que l’on peut lire, notamment ici au Québec, le sentiment d’urgence est un leurre selon Cox. Il rappelle que le conflit de 1994-1995 s’est terminé le 11 janvier afin que l’on puisse présenter une saison de 48 parties. En 2004-2005, les deux camps ont négocié jusqu’au 16 février avant d’annuler la saison; des sessions de négociations ont eu lieu jusqu’en mai!

Nous ne sommes même pas à la mi-novembre. Comme l’écrit Damian Cox, le seul sentiment d’urgence est celui du rapport de force dans chacun des camps entre ceux qui tiennent mordicus à régler le conflit et les tenants de la ligne dure.

Du côté des proprios, Gary Bettman s’est assuré que les statuts et règlements qui régissent le groupe des propriétaires lui confèrent les pleins pouvoirs. S’il se ralie 8 proprios à sa position, ils peuvent imposer leurs vues à l’ensemble du groupe.

Du côté des joueurs, le très grand nombre (plus de 700 votants) et les enjeux divergents qui les mobilisent font en sorte que la division est toujours latente. Il y avait hier pour représenter les joueurs à la table de négociations Mathieu Darche, Kevin Wesgarth (dur à cuire des Kings), Chris Campoli, David Backes, Manny Malhotra, Shawn Thornton et Milan Lucic. Un groupe très disparate. N’oublions pas les absents, les européens de luxe comme Ovechkin et Malkin, qui, eux, font pression sur les négociations par leurs menaces de quitter leurs clubs respectifs si leurs contrats ne sont pas respectés intégralement. Imaginez la pression sur les autres joueurs des Pens ou des Caps. Et le proprio! Alors, on se cottise pour les garder dans notre équipe…

Vraiment, rien n’est simple dans cette négociation et force est d’admettre que ce sera le premier des deux camps qui n’en pourra plus de souffrir qui devra plier et donner à la partie adverse, les sommes qui manquent afin de régler.

http://www.nytimes.com/2012/11/09/sports/hockey/nhl-labor-talks-continue-with-some-optimism.html?_r=0

http://thestar.blogs.com/thespin/2012/11/dont-buy-the-drama.html

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Il y a 60 ans aujourd’hui, René Lecavalier… Jeudi, oct 11 2012 

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